Des cellules B sénescentes impliquées dans la polyarthrite rhumatoïde avant le diagnostic
La polyarthrite rhumatoïde s'installe bien avant les premiers symptômes. Des scientifiques ont cherché ce qui change dans le sang des années plus tôt, et ils ont identifié un acteur inattendu.
Une équipe internationale a analysé les cellules sanguines de personnes à risque de polyarthrite rhumatoïde n'ayant pas encore déclaré la maladie. L'étude, publiée dans Nature Aging, a eu recours à la multiomique unicellulaire : une technique qui mesure simultanément l'activité des gènes, la production de protéines et d'autres caractéristiques de chaque cellule individuellement. Les chercheurs ont observé une expansion marquée d'un type particulier de cellule B, un globule blanc qui produit normalement des anticorps.
Les cellules B identifiées présentaient des caractéristiques proches de la sénescence cellulaire : elles restaient actives, mais se comportaient de manière anormale. Elles produisaient des anticorps réagissant à de multiples cibles à la fois, dont les protéines du corps lui-même. C'est problématique, car le système immunitaire s'attaque ainsi à l'organisme. Ces cellules activaient également les cellules T, un autre type de cellule immunitaire, en leur présentant des auto-antigènes.
La sénescence au sein du système immunitaire
La sénescence cellulaire est un état dans lequel les cellules cessent de se diviser tout en restant actives et en continuant d'émettre des signaux. Dans ce cas, les cellules touchées ne sont pas des cellules tissulaires, mais des cellules immunitaires elles-mêmes. C'est une découverte relativement récente : le vieillissement ne se joue pas uniquement dans les organes, il opère aussi au sein du système immunitaire.
Ces résultats suggèrent que les cellules B sénescentes pourraient jouer un rôle dans le passage du risque à la maladie déclarée. Qu'elles en soient réellement la cause ou plutôt une conséquence de l'inflammation précoce n'a pas encore été établi de façon définitive.
Une intervention précoce en perspective
Si ces cellules B sénescentes constituent bien une étape initiale dans le développement de la polyarthrite rhumatoïde, elles représentent une cible potentielle pour la prévention. Les chercheurs soulignent que l'étude est observationnelle, et que des travaux supplémentaires seront nécessaires avant d'envisager un traitement. Il est néanmoins remarquable, pour la science du vieillissement, que la sénescence des cellules immunitaires semble précéder une maladie longtemps non considérée comme liée à l'âge.
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Recherche par exemple :
- B cell senescence autoimmunity
- single-cell multiomics immune aging
- rheumatoid arthritis early pathogenesis