Des chaînes d'acides gras plus longues, marqueur du vieillissement chez plusieurs espèces
Les cellules modifient leur composition en graisses en vieillissant. Une nouvelle étude publiée dans Nature Aging montre que les acides gras, les briques élémentaires des graisses, s'allongent avec l'âge, et que ce phénomène se retrouve chez le ver, la souris et l'être humain atteint de maladie cardiaque.
Les graisses ne servent pas qu'à stocker de l'énergie. Elles constituent les membranes cellulaires, et la longueur de leurs chaînes carbonées – appelée longueur de chaîne acyle – influe sur la souplesse et le bon fonctionnement de ces membranes. Des chercheurs ont montré que les chaînes acyles s'allongent de façon systématique au cours du vieillissement, dans différents tissus et chez différentes espèces.
Un phénomène partagé entre espèces
L'étude, publiée dans Nature Aging, a cartographié le profil lipidique d'organismes vieillissants. Les chercheurs ont observé que les chaînes d'acides gras s'allongent chez des vers et des souris âgés, ainsi que chez des personnes atteintes de maladie cardiaque. Cet allongement est piloté par une enzyme, Plb1. Lorsque les chercheurs ont inactivé génétiquement Plb1 chez le ver Caenorhabditis elegans, ces animaux ont vécu plus longtemps que les individus de contrôle.
Ce résultat laisse penser que l'allongement des acides gras n'est pas une simple conséquence du vieillissement, mais qu'il pourrait y contribuer activement. Son rôle causal dans la maladie cardiaque reste à établir : l'association observée chez les patients cardiaques est purement descriptive.
Un nouveau signe du vieillissement cellulaire
Le vieillissement laisse des traces à plusieurs niveaux : dans l'ADN, dans les protéines, dans les membranes cellulaires. Cette étude ajoute le remodelage des lipides à cette liste. Le profil d'acides gras allongés est cohérent d'un tissu à l'autre et d'une espèce à l'autre, ce qui en fait un indicateur biologique – ou biomarqueur – potentiellement fiable du vieillissement.
Bloquer l'allongement des acides gras pourrait-il ralentir le vieillissement chez les mammifères ou chez l'être humain ? Les données obtenues chez le ver sont encourageantes, mais le pas vers l'humain est considérable. Les chercheurs présentent ce mécanisme comme une piste prometteuse à explorer, et non comme une thérapie établie.
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Recherche par exemple :
- fatty acid elongation aging biomarker
- lipid remodeling cell membrane aging
- lifespan extension C. elegans lipidome