Le mode de vie n'explique qu'un cinquième de l'écart de vieillissement en bonne santé
Les personnes de statut socioéconomique élevé vivent plus longtemps et vieillissent en meilleure santé. C'est établi depuis longtemps. Mais quelle part de cet avantage tient réellement aux habitudes de vie ? Une étude de vingt ans portant sur plus de 33 000 personnes âgées en Chine apporte une réponse nuancée.
Tabac, alcool, activité physique, alimentation : ces habitudes, réunies, n'expliquent qu'environ un cinquième de la différence de risque de mortalité entre les personnes de statut socioéconomique faible et élevé. Pour le vieillissement en bonne santé au sens large – mesuré sur les plans physique, cognitif et mental – la part attribuable au mode de vie est encore plus réduite. Les chercheurs ont eu recours à une méthode statistique appelée analyse de médiation pour démêler ces contributions.
Ce que le mode de vie explique, et ce qu'il n'explique pas
L'étude a suivi 33 541 adultes de 65 ans et plus, répartis dans 23 provinces chinoises, sur deux décennies. Les participants ont été classés en trois groupes – statut socioéconomique faible, moyen ou élevé – selon leur niveau d'éducation, leur situation financière et leur profession. Les personnes au statut le plus bas présentaient un risque de décès supérieur de 25 % et un risque de vieillissement en mauvaise santé supérieur de 46 %. Un mode de vie sain expliquait respectivement 20,5 % et 16,4 % de ces écarts.
La grande majorité de la différence reste donc sans explication du côté des habitudes de vie. D'autres facteurs jouent probablement un rôle plus important : exposition à la pollution de l'air, accès limité aux soins ou contact plus fréquent avec des maladies infectieuses. Ces facteurs n'ont pas été mesurés directement dans cette étude.
Les limites de l'analyse de médiation
L'analyse de médiation – méthode statistique qui permet d'identifier les mécanismes possibles reliant deux variables – peut apporter des éclairages utiles, mais elle n'établit pas de causalité. L'étude ne montre pas que le mode de vie cause l'écart de santé résiduel ; elle montre seulement qu'il en explique statistiquement une fraction limitée.
Sur le plan des politiques publiques, cela compte : réduire les inégalités de santé ne peut pas reposer uniquement sur des interventions portant sur les habitudes de vie. Les inégalités structurelles semblent peser davantage que les comportements individuels. L'étude ayant été menée en Chine, il reste incertain que ses conclusions se transposent directement à d'autres pays.
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Recherche par exemple :
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