Les wearables peuvent détecter une maladie avant l'apparition des symptômes
La médecine attend habituellement que tu sois malade avant de mesurer quoi que ce soit. Mais ton corps pourrait signaler un problème des semaines plus tôt. C'est la question qui guide les travaux de Michael Snyder, chercheur en génomique à Stanford.
Snyder, directeur du Center for Genomics and Personalized Medicine de l'université Stanford, plaide pour un changement fondamental : passer de la détection des maladies à la surveillance continue de la santé. Les dispositifs portables, ou wearables, sont son principal outil. Dans une interview publiée par Lifespan.io, il explique comment son équipe a utilisé des appareils grand public pour détecter des infections avant que les patients ne ressentent quoi que ce soit. Dans son propre cas, il s'agissait de la maladie de Lyme. Les chercheurs ont repéré une chute de son taux d'oxygène dans le sang avant l'apparition des symptômes.
Ta ligne de base personnelle comme référence
Le principe central est la ligne de base individuelle. Les wearables mesurent en continu, y compris lorsque tu es en bonne santé. Le système sait donc à quoi ressemblent normalement ta fréquence cardiaque au repos, ta variabilité de la fréquence cardiaque (la variation du temps entre deux battements consécutifs) et ta saturation en oxygène. Un écart par rapport à ta norme personnelle constitue un signal d'alerte précoce, même si tes valeurs restent dans les moyennes de la population.
L'équipe de Snyder l'a démontré pour la COVID-19 en collaboration avec Fitbit. Chez des personnes présentant des périodes pré-symptomatiques plus longues, l'analyse algorithmique de la fréquence cardiaque et de signaux associés permettait de détecter l'infection avant le début des symptômes. Pour la grippe, la fenêtre est plus courte, mais la détection précoce restait possible.
Les ageotypes et l'avenir de la mesure de la longévité
Au-delà de la détection des infections, Snyder étudie les profils de vieillissement individuels. Il a introduit le concept d'ageotypes : des profils de vieillissement personnels qui décrivent dans quels systèmes organiques tu vieillis le plus vite. Il développe également la notion de capacité intrinsèque comme mesure quantitative de la santé, destinée à la recherche sur la longévité et aux essais cliniques. La question de savoir si ces mesures sont déjà exploitables en pratique clinique reste ouverte.
Son message de fond est simple : les soins de santé actuels réagissent à la maladie. La prévention exige des systèmes qui mesurent en continu, signalent les écarts tôt et interviennent avant que les dommages ne s'accumulent.
Tu veux approfondir le sujet ?
Recherche par exemple :
- longitudinal health monitoring wearables
- heart rate variability aging
- ageotype individual aging profile