NewLimit lève 435 millions de dollars pour une thérapie hépatique
Une start-up qui vise à inverser le vieillissement a réuni près d'un demi-milliard de dollars. Elle s'apprête désormais à traiter ses premiers patients, non contre le vieillissement en lui-même, mais contre une maladie du foie.
NewLimit est une entreprise américaine de longévité spécialisée dans la reprogrammation épigénétique : l'idée que des cellules vieillies peuvent retrouver un comportement plus jeune en ajustant les schémas d'activité de leurs gènes. La société a levé 435 millions de dollars lors d'un tour de table de série C mené par Founders Fund, le fonds de capital-risque cofondé par Peter Thiel. Thrive Capital et Lilly Ventures figurent parmi les autres investisseurs. NewLimit est désormais valorisée à environ 3,1 milliards de dollars.
L'entreprise compte utiliser ces fonds pour son premier essai clinique. Cet essai cible une maladie hépatique précise plutôt que le vieillissement en général. Ce choix est délibéré : les autorités réglementaires comme la FDA évaluent les traitements pour des maladies définies, pas pour le vieillissement comme diagnostic. En entrant sur le marché par une indication hépatique, NewLimit peut emprunter une voie d'approbation bien balisée.
La reprogrammation épigénétique comme stratégie
La reprogrammation épigénétique consiste à modifier les marquages chimiques portés par l'ADN, qui déterminent quels gènes sont actifs. Avec l'âge, ces marquages évoluent d'une façon qui semble aller de pair avec le vieillissement et le déclin fonctionnel. En théorie, il est possible de les restaurer partiellement à un état plus jeune sans que la cellule perde son identité. Des données obtenues chez la souris montrent que cette approche fonctionne. L'essai clinique devra déterminer si elle est sûre et efficace chez l'être humain.
L'ampleur de l'investissement est frappante pour une entreprise qui n'a pas encore mené d'essai chez l'humain. Elle témoigne de l'intérêt croissant des grands investisseurs pour la biotechnologie de la longévité, et d'une disposition à prendre des risques importants très tôt. Les essais cliniques portant sur des thérapies géniques et épigénétiques sont coûteux et lents. Il faudra des années avant d'avoir une réponse claire sur l'efficacité.
Ce que cela signifie pour le secteur
NewLimit n'est pas seule. Plusieurs entreprises travaillent sur la reprogrammation épigénétique comme thérapie. La course pour produire les premières données cliniques chez l'humain est lancée. Celui qui démontrera en premier la sécurité et l'efficacité chez des patients disposera d'un avantage considérable. Avec 435 millions de dollars levés, NewLimit s'impose comme l'un des acteurs les mieux financés de ce domaine.