Près de la moitié des personnes âgées s'améliorent avec le temps
Le vieillissement ne rime pas forcément avec déclin. Une étude longitudinale menée à Yale montre que près de la moitié des adultes de plus de 65 ans progressent sur le plan physique, mental, ou les deux à la fois. Un constat qui bouscule une idée reçue profondément ancrée.
L'idée dominante veut que le corps et l'esprit se dégradent inévitablement avec l'âge. Des travaux de long cours menés auprès d'adultes de plus de 65 ans suggèrent pourtant que cette loi n'est pas universelle. Les chercheurs de Yale ont suivi leurs participants sur une longue période et constaté que près de la moitié d'entre eux fonctionnaient mieux qu'au départ, sur le plan physique, mental, ou les deux.
Ce résultat est frappant. Il indique que le déclin chez les personnes âgées n'est pas une fatalité, mais qu'il dépend d'un ensemble de facteurs sur lesquels il est au moins partiellement possible d'agir.
Le regard qu'on porte sur son propre vieillissement compte
L'un des résultats les plus marquants concerne la façon dont les participants se représentent leur propre vieillissement. Ceux qui en avaient une perception positive étaient nettement plus susceptibles d'appartenir au groupe en amélioration. Ce résultat rejoint des travaux antérieurs sur ce que les chercheurs appellent parfois la «perception subjective de l'âge»: le sentiment intérieur d'être jeune ou vieux, indépendamment de l'âge réel.
Le mécanisme à l'origine de cette relation reste mal compris. Des facteurs comportementaux pourraient intervenir. Les personnes qui envisagent le vieillissement de façon positive sont peut-être plus actives, plus engagées socialement, et plus attentives à leur santé. Des voies biologiques liées à la régulation du stress sont également plausibles. L'étude établit une association ; sa conception ne permet pas d'en tirer de conclusions causales.
Ce que cela change pour la recherche sur la longévité
Pour le champ de la géroscience au sens large, ces résultats sont significatifs. La recherche se concentre souvent sur les mécanismes biologiques du déclin physique. Cette étude laisse penser que des facteurs psychologiques, dont le regard qu'on porte sur son propre vieillissement, sont étroitement liés à ces processus biologiques. Les deux dimensions méritent d'être étudiées conjointement.
La façon dont une attitude positive se traduit concrètement en meilleurs résultats de santé, et si des interventions ciblant cette perception de soi sont efficaces, reste à déterminer. Ces résultats sont préliminaires, mais ils indiquent une direction claire.