Une protéine sanguine relie le gène APOE4 aux lésions vasculaires de l'Alzheimer
Le gène APOE4 est le facteur de risque génétique le plus puissant connu pour la maladie d'Alzheimer. Comment provoque-t-il exactement des dommages dans le cerveau ? Une nouvelle étude publiée dans Nature Aging identifie une protéine qui fragilise la barrière protectrice des vaisseaux sanguins cérébraux.
La barrière hémato-encéphalique est une frontière étroitement régulée qui empêche les substances nocives présentes dans le sang de pénétrer dans le tissu cérébral. Chez les patients atteints d'Alzheimer qui portent le variant génétique APOE4, cette barrière est altérée. Le lien moléculaire entre ce gène et ces lésions vasculaires restait jusqu'ici inexpliqué.
Des chercheurs ont identifié la fibronectine, une protéine produite par les astrocytes (des cellules de soutien du cerveau), comme intermédiaire clé. L'étude montre qu'APOE4, combiné à la pathologie amyloïde (l'accumulation de fragments protéiques caractéristique de l'Alzheimer), pousse les astrocytes à surproduire de la fibronectine. Cet excès de fibronectine endommage ensuite les parois des vaisseaux sanguins cérébraux et périvasculaires.
Un chaînon manquant entre le gène et les lésions vasculaires
Le gène APOE4 était déjà un facteur de risque bien établi, et le rôle de l'amyloïde dans les lésions vasculaires avait été décrit antérieurement. Ce qui est nouveau, c'est que la fibronectine (FN1) constitue l'étape intermédiaire décisive. La protéine se fixe à la paroi interne des vaisseaux sanguins et perturbe le fonctionnement normal des cellules qui la tapissent.
Les chercheurs estiment que FN1 représente une cible thérapeutique potentielle. Les résultats sont publiés dans Nature Aging et apportent une nouvelle dimension à la compréhension de la composante vasculaire de la maladie d'Alzheimer.
Pourquoi ces travaux intéressent la recherche sur le vieillissement en général
La fragilité des vaisseaux sanguins cérébraux n'est pas propre à l'Alzheimer. La barrière hémato-encéphalique devient plus perméable avec l'âge, même chez les personnes sans démence. Le lien avec APOE4 rend ce mécanisme particulièrement important : entre 15 et 25 % de la population porterait au moins une copie de ce variant génétique. Mieux comprendre comment APOE4 provoque des lésions via la fibronectine pourrait, à plus long terme, orienter des stratégies préventives pour les personnes ayant ce profil génétique.
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- APOE4 blood-brain barrier
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