Cibler la protéine tau : où en est la science des démences
Après des décennies centrées sur l'amyloïde bêta dans la maladie d'Alzheimer, les chercheurs se tournent désormais vers la protéine tau. Cette protéine provoque des dommages dans de nombreuses maladies cérébrales. Mais des traitements efficaces restent hors de portée.
La protéine tau stabilise normalement les cellules nerveuses. Dans les tauopathies, un groupe de maladies cérébrales liées à une accumulation anormale de tau, la protéine se modifie chimiquement. Elle perd sa fonction stabilisatrice et forme des agrégats qui endommagent les neurones. Les tauopathies comprennent la maladie d'Alzheimer, la démence frontotemporale et la paralysie supranucléaire progressive.
Cette revue de la littérature passe en revue les stratégies thérapeutiques actuelles. Les chercheurs ciblent tau par plusieurs voies : réduire sa production, empêcher son agrégation, favoriser sa dégradation et neutraliser ses formes altérées à l'aide d'anticorps. Chaque approche présente ses propres difficultés.
Ce qui déraille avec tau
Le changement le plus caractéristique des tauopathies est l'hyperphosphorylation : trop de groupements phosphate se fixent sur la protéine tau. Celle-ci ne se lie alors plus correctement au squelette interne des neurones et forme des enchevêtrements neurofibrillaires. Ces enchevêtrements semblent contribuer à la mort neuronale, même si le mécanisme précis est encore à l'étude.
La comparaison avec l'amyloïde bêta est éclairante. Des décennies de recherche et des milliards investis ont abouti à des médicaments capables d'éliminer l'amyloïde du cerveau, mais les bénéfices cliniques pour les patients sont restés limités. Les auteurs s'attendent à ce que la voie vers des thérapies anti-tau soit tout aussi ardue.
Aucun traitement approuvé à ce jour
Il n'existe actuellement aucun traitement ciblant tau qui soit largement efficace. Plusieurs médicaments candidats sont en essais cliniques, mais aucun n'a encore produit de résultats convaincants. Les auteurs soulignent que la biochimie des agrégats de tau est complexe et pas encore pleinement comprise.
Du point de vue de la longévité, cette revue illustre la distance qui sépare un mécanisme prometteur d'un traitement opérationnel. Les tauopathies constituent l'un des problèmes les plus importants encore non résolus en biologie du vieillissement.
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Recherche par exemple :
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- neurofibrillary tangles Alzheimer's