Dans la SLA, les cellules immunitaires dévorent des neurones encore vivants
Dans la SLA, les cellules immunitaires du cerveau s'attaquent aux neurones moteurs sains. Elles les phagocytent vivants, confondant un signal de stress avec un signal de mort. C'est ce que suggère une nouvelle étude publiée dans Nature Communications.
Les microglies sont les cellules immunitaires résidentes du cerveau et de la moelle épinière. Leur rôle est d'éliminer les cellules endommagées ou mortes. Elles identifient leur cible grâce à un signal précis : un lipide appelé phosphatidylsérine (PtdSer), qui tapisse normalement la face interne de la membrane cellulaire. Quand une cellule meurt, la PtdSer bascule vers l'extérieur, indiquant aux microglies qu'elles doivent l'engloutir.
Chez les patients atteints de SLA (sclérose latérale amyotrophique), ce système semble gravement défaillant. Les chercheurs ont examiné des tissus de moelle épinière prélevés post mortem sur six personnes atteintes de SLA sporadique et trois témoins du même âge. Deux protéines clés du système de reconnaissance, les récepteurs TAM AXL et MER, étaient nettement surexprimées chez les patients SLA. AXL était environ seize fois plus élevé ; MER, environ trois fois plus élevé.
Des cellules vivantes portant un faux signal de mort
L'équipe a confirmé ce schéma dans un modèle murin de SLA. À mesure que la maladie progressait, l'activité d'AXL et de MER dans les microglies augmentait. Simultanément, les neurones moteurs des souris malades présentaient de grandes quantités de phosphatidylsérine à la surface de leur membrane. Chez les animaux sains, ce signal était quasi absent.
La conclusion est frappante : les neurones moteurs n'étaient pas morts, et pourtant ils affichaient le signal indiquant aux microglies qu'ils l'étaient. Sous l'effet du stress cellulaire, des cellules peuvent exposer temporairement ce signal sans être vouées à mourir. Les microglies réagissent malgré tout et détruisent des cellules qui auraient pu survivre.
Ce que cela implique pour le vieillissement
La SLA touche principalement les personnes en deuxième partie de vie. Le fait que le système TAM puisse se dérégler avec l'âge est notable du point de vue de la longévité. Des schémas similaires de microglies hyperactives ont été évoqués dans d'autres maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer. Les chercheurs avancent que le système TAM pourrait constituer une cible thérapeutique, mais des essais cliniques seront nécessaires pour le confirmer.
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Recherche par exemple :
- TAM receptor signaling
- phosphatidylserine externalization
- microglial phagocytosis neurodegeneration