Des cellules immunitaires impliquées dans la cécité liée à l'âge
La dégénérescence maculaire humide est l'une des causes les plus fréquentes de cécité chez les personnes âgées. De nouvelles données désignent un acteur inattendu : les cellules tueuses naturelles, un type de cellule immunitaire qui cible normalement les tumeurs et les virus.
Dans la dégénérescence maculaire humide, des vaisseaux sanguins se développent au mauvais endroit dans la rétine. Ils fuient et endommagent les cellules sensibles à la lumière qui assurent la vision centrale nette. Les traitements existants freinent cette croissance vasculaire anormale, mais n'agissent pas sur la cause profonde. Des chercheurs ont voulu identifier ce qui déclenche cette prolifération vasculaire.
Les cellules tueuses naturelles, un facteur inattendu
Les cellules tueuses naturelles, ou cellules NK (de l'anglais natural killer), sont des cellules immunitaires qui repèrent et détruisent les cellules anormales. Dans un tissu sain, elles jouent un rôle protecteur. Mais les chercheurs ont trouvé des données indiquant que ces cellules NK contribuent au problème dans la dégénérescence maculaire humide. Leur nombre était élevé dans les tissus rétiniens des patients. Leur activité semblait de plus corrélée à l'étendue de la croissance vasculaire.
Le mécanisme précis n'est pas encore entièrement élucidé. Les cellules NK semblent libérer des signaux qui favorisent la croissance des vaisseaux sanguins au lieu de la freiner. C'est un comportement inhabituel pour ce type cellulaire. Cela suggère que l'environnement de la rétine vieillie modifie le fonctionnement des cellules NK.
Une nouvelle piste thérapeutique
Si les cellules NK sont bien un facteur déclenchant, cela ouvre une nouvelle voie de traitement. Plutôt que de ne cibler que les vaisseaux sanguins eux-mêmes, il serait possible d'intervenir plus tôt dans le processus, en agissant sur la réponse immunitaire qui entraîne cette prolifération. Cette approche pourrait aussi aider à prévenir les rechutes après traitement, qui constituent aujourd'hui un problème persistant.
Ces résultats restent préliminaires et reposent sur des analyses de tissus plutôt que sur des essais cliniques. Ils désignent néanmoins une cible concrète pour les chercheurs qui étudient les causes de la perte de vision liée à l'âge. La dégénérescence maculaire touche des dizaines de millions de personnes dans le monde, et la plupart ne disposent aujourd'hui que de traitements qui gèrent les symptômes.