Des vésicules de cellules souches restaurent la fonction hépatique chez la souris âgée
Le vieillissement abîme le foie en silence, bien avant l'apparition de tout symptôme. De minuscules vésicules dérivées de cellules souches semblent capables d'inverser partiellement ces lésions chez la souris. Le mécanisme clé repose sur le nettoyage cellulaire.
Avec l'âge, les graisses s'accumulent dans les cellules du foie. Ce phénomène peut conduire à la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), une maladie en forte progression dans le monde. Au cœur du problème se trouve l'autophagie, le processus par lequel les cellules éliminent leurs propres composants endommagés. L'autophagie décline avec l'âge, ce qui favorise l'accumulation de gouttelettes lipidiques. Des chercheurs ont cherché à la restaurer en utilisant des exosomes : de petites vésicules que les cellules sécrètent pour échanger des signaux avec d'autres cellules.
Des exosomes issus de cellules souches du cordon ombilical mis à l'épreuve
L'équipe a utilisé des exosomes dérivés de cellules souches mésenchymateuses prélevées sur du tissu de cordon ombilical humain. Ces vésicules ont été injectées à des souris âgées de 18 mois, un stade relativement avancé pour cet animal, puis comparées à des souris jeunes non traitées et à un groupe témoin de souris âgées non traitées.
Selon les chercheurs, le traitement a sensiblement amélioré les marqueurs hépatiques. Quatre indicateurs de lésions du foie (ALT, AST, triglycérides et cholestérol total) étaient nettement élevés chez les souris âgées non traitées. Après administration des exosomes, ces valeurs ont diminué, se rapprochant dans certains cas des niveaux observés chez les jeunes souris. Le dépôt lipidique dans le tissu hépatique a également diminué de façon visible.
Autophagie partiellement rétablie, stockage des graisses réduit
Les chercheurs ont aussi observé des modifications dans les protéines qui régulent le stockage et la dégradation des graisses. SREBP1, une protéine qui favorise l'accumulation lipidique, était élevée chez les souris âgées mais a diminué après le traitement. PPARalpha, une protéine qui favorise la dégradation des graisses, a quant à elle augmenté. Ces résultats indiquent que les exosomes ont au moins partiellement restauré l'autophagie.
Il s'agit d'une étude réalisée chez la souris, exclusivement sur des animaux mâles. La transposabilité de ce mécanisme à l'être humain reste inconnue. Du point de vue de la longévité, les résultats ouvrent néanmoins une piste stimulante : la restauration de l'autophagie cellulaire par les exosomes pourrait jouer un rôle dans le ralentissement du vieillissement hépatique.
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