Le sepsis obstrue les poumons par une cascade plaquettes-immunité
Le sepsis est l'une des complications les plus mortelles des infections graves, en particulier chez les personnes âgées. Une nouvelle étude a filmé en temps réel ce qui se passe dans les poumons pendant un sepsis, et le principal responsable s'avère être une opération conjointe entre deux types de cellules habituellement distincts.
Dans le sepsis, la réponse de l'organisme à l'infection devient si intense qu'elle endommage ses propres tissus. Les poumons sont particulièrement vulnérables. Les chercheurs, qui publient dans Science, ont utilisé l'imagerie en direct des vaisseaux sanguins pulmonaires chez la souris lors d'une réaction de sepsis. Ce qu'ils ont observé est une cascade coordonnée entre neutrophiles et plaquettes.
Les neutrophiles sont des globules blancs qui réagissent en premier à l'infection. Les plaquettes sont de petites cellules responsables de la coagulation du sang. Pendant le sepsis, les deux coopèrent pour obstruer les poumons : les neutrophiles s'accrochent à l'endothélium (la paroi interne des vaisseaux sanguins), les plaquettes s'y fixent à leur tour, et ensemble ils forment des bouchons. Ce mécanisme s'appelle l'immunothrombose : une combinaison de réponse immunitaire et de coagulation.
Pourquoi les personnes âgées courent un risque plus grand
Avec l'âge, le système immunitaire et la coagulation évoluent tous les deux. Les neutrophiles réagissent moins précisément, et les plaquettes s'activent plus facilement. Cela rend une cascade d'immunothrombose incontrôlée plus probable. La mortalité par sepsis augmente fortement après soixante ans.
L'imagerie en temps réel permet de repérer exactement à quel endroit le processus déraille. C'est utile pour les futurs traitements : si le couplage entre neutrophiles et plaquettes peut être interrompu assez tôt, les lésions pulmonaires pourraient être limitées.
De la souris à l'humain
Ces résultats proviennent de modèles chez la souris. Confirmer que le même mécanisme opère dans les poumons humains reste à faire. Les données visuelles détaillées constituent néanmoins une base pour des recherches ciblées sur des inhibiteurs de ce couplage spécifique. Plusieurs médicaments existants qui freinent l'activité des plaquettes sont désormais reconsidérés comme composantes potentielles du traitement du sepsis.