Le vaccin contre le zona associé à un risque de démence réduit de 24 %
Le vaccin contre le zona semble faire bien plus que protéger contre une éruption douloureuse. Dans une étude portant sur plus de 500 000 adultes âgés, ceux qui avaient reçu le vaccin Shingrix présentaient un risque de diagnostic de démence inférieur de 24 % sur quatre ans.
Le zona est causé par le virus varicelle-zona, qui reste dormant dans les cellules nerveuses après une infection par la varicelle et peut se réactiver plus tard dans la vie. Les chercheurs ont constaté que la vaccination contre le zona était associée à une réduction substantielle des diagnostics de démence. Un cas de démence était évité pour chaque tranche de 17 personnes vaccinées.
Le mécanisme derrière cette association n'est pas encore établi. Une hypothèse avance que le virus herpès, lorsqu'il se réactive, déclenche une inflammation chronique de faible intensité dans le tissu nerveux. Ce type d'inflammation persistante, appelé « inflammaging » (vieillissement inflammatoire), a été associé à plusieurs maladies liées à l'âge, dont des maladies neurodégénératives. Limiter la réactivation virale pourrait ainsi alléger la charge inflammatoire pesant sur le cerveau au fil du temps.
Un large échantillon, mais des réserves propres aux études observationnelles
L'ampleur de l'étude est remarquable. Un demi-million de participants est exceptionnel pour ce type de recherche. Il s'agit toutefois d'une étude observationnelle : les personnes qui choisissent de se faire vacciner peuvent différer, sur d'autres points liés à la santé, de celles qui ne le font pas. Les chercheurs ont corrigé les facteurs de confusion potentiels, mais un lien de causalité ne pourra être confirmé que par un essai contrôlé randomisé.
Les vaccins comme outil de longévité ?
Du point de vue de la longévité, ce résultat mérite attention. Un vaccin existant, largement disponible et sûr pourrait offrir des bénéfices allant au-delà de son indication principale. Des travaux antérieurs avaient déjà suggéré un lien entre certaines infections virales et un risque accru de démence. Cette étude ajoute un chiffre concret à cet ensemble de données, même si les chercheurs soulignent eux-mêmes la nécessité d'une vérification complémentaire.
Ce résultat s'inscrit dans un ensemble grandissant de travaux suggérant que les infections chroniques et l'inflammation jouent un rôle plus important dans le vieillissement cérébral qu'on ne le pensait jusqu'ici.
Termes à explorer : herpesvirus neuroinflammation, inflammaging cognitive decline, vaccine dementia prevention observational study