Le vieillissement suit des phases fixes selon les types cellulaires
Toutes les cellules ne vieillissent pas en même temps. Des chercheurs ont montré que le vieillissement suit une séquence fixe de phases, chaque type cellulaire occupant le devant de la scène à un moment précis.
Une vaste étude a analysé plus de vingt millions de cellules issues de différents organes de souris, à cinq âges distincts. L'activité de vingt mille gènes a été mesurée dans chaque cellule. Les chercheurs ont identifié 536 types cellulaires principaux et 1 828 sous-types. Environ un quart de ces sous-types seulement se modifiaient nettement avec l'âge ; les autres restaient stables tout au long de la vie.
Disparition précoce, expansion tardive
Dans la phase la plus précoce (équivalente aux vingtaine et trentaine humaines), certaines cellules graisseuses et musculaires disparaissaient. Deux types de cellules cérébrales immatures, capables de régénérer les tissus, déclinaient eux aussi tôt. Puis, dans une phase correspondant à la trentaine et à la quarantaine humaines, des cellules chargées de l'entretien des tissus s'effaçaient à leur tour : les ténocytes (cellules des tendons), les cellules entourant les vaisseaux sanguins, les cellules musculaires lisses du côlon et les cellules épithéliales des reins.
Aux alentours de l'équivalent de quarante à cinquante ans, le schéma s'inversait. À la perte cellulaire succédait une expansion. Les cellules immunitaires se multipliaient, tout comme des cellules des poumons et des reins dont les propriétés avaient été altérées par le stress ou l'inflammation. La variation transcriptionnelle, c'est-à-dire la tendance des cellules d'un même type à fonctionner de manière de plus en plus différente les unes des autres, augmentait avec l'âge.
Ce que cela révèle sur le vieillissement
Le fait que le vieillissement progresse par fenêtres temporelles distinctes est pertinent pour concevoir des interventions ciblées. Si certaines cellules sont particulièrement vulnérables à un stade de vie précis, une intervention à ce moment-là pourrait être plus efficace. Les chercheurs décrivent prudemment le processus comme un « remodelage coordonné de la société des cellules », tout en soulignant que les données sont tout aussi compatibles avec une accumulation de dommages qu'avec un programme prédéfini.
Cette étude a été menée chez la souris. Il reste à déterminer si les mêmes phases et les mêmes types cellulaires s'appliquent chez l'humain.
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