Les cellules vieillissent par bien plus de voies qu'on ne le croyait
Les cellules sénescentes -- cellules qui cessent de se diviser et commencent à sécréter des substances nocives -- ont longtemps été considérées comme un phénomène unique et uniforme. De nouvelles recherches montrent qu'il existe des dizaines de voies distinctes menant à cet état de vieillissement, chacune dotée de son propre profil moléculaire.
Une revue de grande ampleur a répertorié l'ensemble des déclencheurs connus de la sénescence cellulaire, le processus par lequel une cellule sort définitivement du cycle de division. L'étude ne couvre pas seulement les déclencheurs classiques tels que les dommages à l'ADN et le raccourcissement des télomères -- les coiffes protectrices situées aux extrémités des chromosomes -- mais aussi des voies moins connues, notamment la fusion entre cellules, les signaux émis par des cellules déjà sénescentes qui entraînent leurs voisines dans le même état, et des mécanismes liés au développement de l'organisme.
Pourquoi c'est important
Les cellules sénescentes sécrètent un cocktail de molécules pro-inflammatoires appelé SASP (senescence-associated secretory phenotype), soit le phénotype sécrétoire associé à la sénescence. Ce mélange endommage les tissus environnants et accélère les processus de vieillissement dans d'autres parties du corps. Or, la composition précise du SASP qu'une cellule produit dépend fortement de la manière dont elle est devenue sénescente. Une cellule entrée en sénescence sous l'effet de dommages à l'ADN secrète des molécules différentes de celles d'une cellule dont la sénescence a été déclenchée par l'activation d'un oncogène -- c'est-à-dire l'activation accidentelle de gènes favorisant la croissance cellulaire.
Cela a des conséquences directes pour la recherche thérapeutique. Des médicaments destinés à éliminer les cellules sénescentes ou à supprimer leur sécrétion sont en cours de développement pour un large éventail de maladies, de l'arthrite à la maladie d'Alzheimer, en passant par les maladies cardiovasculaires et le cancer. Si les cellules sénescentes présentes dans chacune de ces pathologies présentent un profil différent, les thérapies à large spectre risquent d'être moins efficaces qu'on ne le suppose généralement.
Aucun marqueur moléculaire universel
Le fait que les cellules sénescentes ne partagent pas de profil moléculaire uniforme est connu depuis un certain temps, mais cette revue rend concrète l'étendue de cette variabilité. Aucun marqueur unique n'identifie de façon fiable toutes les cellules sénescentes dans tous les tissus. Les chercheurs doivent combiner plusieurs marqueurs, calibrés selon le type de tissu et le déclencheur à l'origine de la sénescence.
Pour ceux qui suivent la science du vieillissement, cette revue propose un cadre plus nuancé : la sénescence ressemble moins à un interrupteur marche/arrêt qu'à un spectre d'états distincts.
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- cellular senescence heterogeneity
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