Les différences de vieillissement entre les sexes s'imposent comme un axe de recherche à part entière
Les hommes et les femmes ne vieillissent pas de la même façon. Pourtant, cette distinction est rarement étudiée de manière systématique. Un atelier organisé par le National Institute on Aging américain cherche à changer cela.
En décembre 2025, le National Institute on Aging (NIA) a réuni chercheurs, cliniciens et décideurs politiques pour examiner les bases mécanistiques des différences liées au sexe biologique sur la santé, à l'échelle des tissus et tout au long de la vie. L'objectif n'était pas seulement de constater que les hommes et les femmes vieillissent différemment, mais de comprendre comment et pourquoi. Le rapport de l'atelier a été publié dans Nature Aging.
Ces différences agissent simultanément à plusieurs niveaux : hormones, réponses immunitaires, architecture des tissus et profils d'activation des gènes varient tous selon le sexe biologique. Les femmes vivent plus longtemps en moyenne, mais passent davantage d'années à souffrir de maladies chroniques. Les hommes sont plus exposés à un décès précoce par maladie cardiovasculaire. Ces tendances sont bien connues en clinique, mais leurs mécanismes sous-jacents restent mal élucidés.
De nouvelles technologies ouvrent de nouvelles pistes
L'atelier a examiné des technologies émergentes susceptibles d'accélérer la recherche sur les différences liées au sexe. L'analyse unicellulaire permet désormais d'observer comment les cellules individuelles d'un organe réagissent différemment selon le sexe biologique. Des méthodes d'étude des horloges épigénétiques du vieillissement, c'est-à-dire des mesures moléculaires de l'âge biologique, ont également été présentées.
Parmi les participants figuraient des membres de la Veterans Health Administration, apportant une perspective clinique et militaire : les différences de santé entre les sexes sont devenues particulièrement visibles dans les populations de vétérans, à mesure que les femmes sont plus nombreuses à servir dans l'armée.
Un enjeu central pour la longévité
Une approche de la longévité qui ne distingue pas les hommes des femmes risque de passer à côté d'une réalité essentielle. Si les stratégies de prévention et de traitement reposent sur des données issues majoritairement d'hommes, elles seront probablement moins efficaces pour les femmes. L'atelier pointe explicitement cet angle mort. Les recommandations formulées restent toutefois préliminaires, et leur traduction en interventions concrètes devra s'appuyer sur des travaux de recherche ciblés et rigoureux.
Termes pour approfondir le sujet : sex-based aging differences, single-cell sex differences, hormonal modulation aging