Les horloges épigénétiques restent presque insensibles à la condition physique
Des personnes en excellente condition physique obtiennent des scores presque identiques à ceux de personnes sédentaires sur la plupart des horloges épigénétiques. Cela révèle une limite fondamentale dans la façon dont ces outils sont construits.
Les horloges épigénétiques estiment l'âge biologique en mesurant des modifications chimiques sur l'ADN, plus précisément l'état de méthylation en des centaines, voire des milliers de positions réparties sur le génome. Elles ont été entraînées sur de vastes ensembles de données de population et corrèlent fortement avec l'âge chronologique et le risque de mortalité. Mais elles s'avèrent largement insensibles à la condition physique.
C'est la conclusion d'une analyse publiée par Fight Aging. Cette recherche montre que des horloges largement utilisées comme GrimAge et l'horloge Horvath ont avant tout été calibrées à partir de cellules immunitaires prélevées dans des échantillons de sang. Ces cellules ne reflètent qu'une partie de ce qui se passe dans l'organisme. La condition physique agit fortement sur les muscles, le cœur et les vaisseaux sanguins, mais ces tissus sont sous-représentés dans la plupart des horloges.
Ce que les horloges mesurent et ce qu'elles ignorent
Cela ne signifie pas que les horloges épigénétiques sont inutiles. Elles prédisent de façon fiable le risque de mortalité et restent sensibles à des facteurs comme le tabagisme, l'obésité et les maladies chroniques. Mais elles ont été conçues pour capter des tendances à l'échelle d'une population, pas les variations individuelles de condition physique. Un athlète d'endurance et une personne sédentaire du même âge peuvent obtenir des scores presque identiques, malgré des états physiologiques très différents.
Cela a des conséquences concrètes. Quiconque utilise des horloges épigénétiques pour évaluer l'effet d'un changement de mode de vie doit savoir que la musculation ou l'exercice aérobie a peu de chances d'apparaître clairement dans le score. L'horloge mesure autre chose que l'adaptation à l'entraînement.
Les horloges de nouvelle génération pourraient faire mieux
De nouvelles horloges sont en cours de développement. Elles s'appuient sur des données propres à certains tissus ou sont calibrées en fonction de résultats fonctionnels plutôt que de l'âge chronologique. Elles pourraient se révéler plus sensibles à la condition physique. Mais tant que les horloges classiques dominent la recherche et, de plus en plus, les applications commerciales, il est important de comprendre exactement ce qu'elles mesurent. La condition physique, pour l'essentiel, n'entre pas dans ce périmètre.
Envie de creuser le sujet vous-même ?
Recherchez des termes comme : epigenetic clocks physical fitness