Les mitochondries produisent leur propre arme immunitaire
Les mitochondries ne font pas que produire de l'énergie. Elles fabriquent aussi un peptide qui attaque directement les bactéries et reprogramme les cellules immunitaires. Elles s'imposent ainsi comme un acteur inattendu des défenses de ton corps.
Pendant longtemps, on a supposé que le système immunitaire était entièrement codé par le génome nucléaire. Les mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule, n'étaient pas considérées comme des acteurs actifs. Ce tableau vient de changer. L'étude, publiée dans eLife, montre que le génome mitochondrial code un peptide appelé MOTS-c, capable d'attaquer directement les bactéries et de reprogrammer les cellules immunitaires.
Une arme ancienne redécouverte
MOTS-c est un peptide de défense de l'hôte : une courte chaîne protéique que le corps produit lui-même pour combattre les agents pathogènes. Ce peptide possède des domaines chargés positivement et des domaines hydrophobes. Ils lui permettent de pénétrer les membranes bactériennes, y compris celles d'E. coli et du MRSA, la bactérie résistante aux antibiotiques. Dans un modèle de péritonite sévère chez la souris, MOTS-c a entièrement neutralisé l'infectiosité du MRSA.
Le fait que les mitochondries puissent coder quelque chose de tel n'est pas un hasard. Les mitochondries descendent de bactéries absorbées par les cellules il y a des milliards d'années. Elles ont conservé leur propre petit génome. Les chercheurs suggèrent que MOTS-c est un vestige de ce passé bactérien, désormais utilisé comme arme au service de l'organisme hôte.
Des cellules immunitaires reprogrammées
L'action de MOTS-c va au-delà du contact direct avec les bactéries. Dans des monocytes humains, un type de globules blancs, des signaux comme l'interféron-gamma et des composants de la paroi bactérienne (les lipopolysaccharides) ont stimulé la production endogène de MOTS-c. Lorsque les chercheurs ont ajouté du MOTS-c supplémentaire de façon externe durant le développement des monocytes, ces cellules se sont différenciées en macrophages avec un profil d'activité distinct. Ces macrophages reprogrammés éliminaient les bactéries plus efficacement et présentaient un métabolisme modifié.
Du point de vue de la longévité, c'est un résultat notable. Le vieillissement s'accompagne d'un déclin de la fonction mitochondriale et d'un système immunitaire moins performant. Si MOTS-c relie effectivement ces deux systèmes, il pourrait offrir un point de départ pour la recherche sur la résistance aux infections à un âge avancé. Il s'agit pour l'instant de travaux préliminaires en laboratoire, et la question de savoir si ces effets se produisent chez des personnes âgées reste ouverte.
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Recherche par exemple :
- mitochondrial genome immune function | host defense peptide aging | mitochondria-encoded peptide immunomodulation