La lumière bleue des écrans vieillit-elle ta peau ?
La lumière bleue des écrans ne cause vraisemblablement pas de vieillissement cutané mesurable dans une utilisation normale ; les doses qui provoquent des dommages dans les études sont bien supérieures à ce qu'un écran émet. Si tu veux prévenir les taches, utiliser une protection solaire à l'extérieur est bien plus efficace que de réduire ton temps d'écran.
La lumière bleue du soleil provoque un stress oxydatif mesurable dans les cellules humaines de la peau, notamment dans les mitochondries (les centrales énergétiques des cellules). Cet effet est réel, mais nettement moins puissant que les rayons UVA : photon pour photon, la lumière bleue cause environ un quart des dégâts des UVA. À des doses élevées, à partir de 50 J/cm², des études cellulaires ont aussi mis en évidence des dommages à l'ADN mitochondrial et une chute marquée de la production d'énergie dans les cellules cutanées.
L'effet le mieux établi chez l'être humain est l'hyperpigmentation, c'est-à-dire l'apparition de taches colorées sur la peau. Dans un essai clinique randomisé en double aveugle portant sur 33 femmes volontaires, des expositions répétées à la lumière bleue ont entraîné une coloration et une rougeur mesurables et visibles. Cela peut sembler inquiétant, mais la dose utilisée (quatre séances de 60 J/cm²) dépasse largement ce qu'un écran émet. La dégradation du collagène observée dans les études cellulaires et chez la souris n'a pas encore été démontrée cliniquement chez des personnes dans leur vie quotidienne.
La dose est la clé. Une étude norvégienne a calculé que, dans des conditions normales d'éclairage intérieur et d'utilisation d'écrans, il faudrait entre un demi-mois et vingt mois d'exposition continue pour atteindre le seuil à partir duquel des dommages apparaissent. En plein soleil, une dose d'UV nocive est atteinte en quelques minutes. Les auteurs concluaient donc que les personnes en bonne santé n'ont pas besoin de protéger leur peau contre la lumière bleue des écrans.
La lumière bleue est même utilisée intentionnellement comme traitement : contre l'acné, le psoriasis et l'eczéma atopique, on exploite précisément ses propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes. Elle n'est donc pas une ennemie de ta peau par nature.
Si tu t'inquiètes malgré tout des taches de pigmentation liées à la lumière bleue, le même essai randomisé a montré qu'une crème contenant 3 % de niacinamide (vitamine B3) réduisait significativement l'hyperpigmentation et les rougeurs. Cette étude a cependant été financée par le fabricant de cet ingrédient, ce qui peut nuancer l'interprétation des résultats.
Les preuves reposent sur des revues de littérature, des études cellulaires et chez la souris, un essai clinique randomisé (n = 33, financé par un fabricant) et un calcul de doses chez l'humain. Il n'existe pas de grands essais randomisés indépendants sur les écrans et le vieillissement cutané.