Le manque de sommeil accélère-t-il le vieillissement de la peau ?
Le manque de sommeil dégrade visiblement l'hydratation, l'élasticité et les rides, parfois dès la première mauvaise nuit. Vise un sommeil régulier et suffisant, et associe-le à une protection solaire pour un résultat optimal.
Le manque de sommeil altère la peau de façon rapide et mesurable. Chez 32 femmes limitées à quatre heures de sommeil par nuit pendant six nuits, l'hydratation cutanée chutait dès la première journée. L'élasticité se dégradait le plus, suivie de l'éclat, des rides et de la transparence. La texture, elle, ne changeait qu'à partir du quatrième jour.
Une étude de synthèse confirme ce schéma : une mauvaise qualité de sommeil fragilise la barrière cutanée en augmentant la perte d'eau à travers la peau et en réduisant l'élasticité. La peau retient moins l'humidité, devient plus sèche et plus vulnérable.
Des recherches sur l'animal offrent une piste d'explication du côté du collagène et des hormones. Chez des souris femelles, le manque de sommeil perturbait le rythme circadien (l'horloge biologique interne) des œstrogènes, ce qui réduisait la production d'un type particulier de collagène et affaiblissait la barrière cutanée. Ce mécanisme n'a pas encore été démontré chez l'humain.
Les personnes qui dorment mal souffrent aussi plus souvent de rosacée, une inflammation chronique de la peau. Dans une étude portant sur plus de 1 200 personnes, 52 % des patients atteints de rosacée présentaient un mauvais sommeil, contre 24 % des participants en bonne santé. Le sens de la causalité reste flou ; rosacée et manque de sommeil s'aggravent probablement l'un l'autre.
Les articles de synthèse placent le manque de sommeil aux côtés des rayons UV, du tabac et de la pollution atmosphérique parmi les facteurs qui accélèrent le vieillissement cutané. Son poids exact par rapport à ces autres facteurs n'est pas établi. Dormir suffisamment semble donc bénéfique pour ta peau, sans pour autant remplacer la protection solaire.
Deux études humaines de taille petite à moyenne (n=32 et n=1 216) et plusieurs articles de synthèse. Des recherches sur l'animal apportent des éléments sur les mécanismes. Aucun grand essai clinique randomisé disponible.