L'astaxanthine protège-t-elle ta peau du soleil ?
L'astaxanthine (3-6 mg/jour) semble offrir à ta peau une résistance supplémentaire aux UV, mais ne remplace en aucun cas ta crème solaire : la protection reste limitée et les preuves s'appuient en grande partie sur de petites études.
L'astaxanthine élève le seuil à partir duquel les UV provoquent une rougeur. Dans un petit essai clinique randomisé en double aveugle (23 participants en bonne santé), 4 mg par jour pendant neuf semaines ont produit un seuil UV mesurément plus élevé qu'avec le placebo. Cette étude a été réalisée et financée par FUJIFILM, ce qu'il faut garder à l'esprit pour interpréter les résultats.
Ce même essai a montré que la peau exposée aux UV perdait moins d'humidité dans le groupe astaxanthine. La texture de la peau non irradiée s'améliorait également. L'effectif très réduit et le financement commercial font de ces résultats des données préliminaires.
Une revue systématique portant sur onze études cliniques, dont six essais randomisés, tire une conclusion prudemment positive : 3 à 6 mg d'astaxanthine par jour amélioraient la texture, les rides et l'hydratation, et semblaient limiter les dommages causés par les UV. Limite importante : les participantes étaient presque toutes des femmes japonaises en bonne santé, la plupart des études étaient petites, et des acteurs commerciaux ont financé une grande partie des recherches. On ne sait pas encore si ces résultats s'appliquent à une population plus large.
Une revue systématique plus large, portant sur 47 études consacrées à la photoprotection par voie orale, classe l'astaxanthine parmi les caroténoïdes. Pour ce groupe dans son ensemble, les preuves sont modérées, mais les auteurs soulignent explicitement que les compléments alimentaires ne remplacent pas la crème solaire habituelle.
Les études sur les cellules et sur les animaux montrent comment l'astaxanthine combat les dommages des UV : elle neutralise les radicaux libres, freine l'inflammation et active les mécanismes de réparation de l'ADN. En culture cellulaire, elle fait nettement mieux que des substances proches comme le bêta-carotène et la canthaxanthine. Aucune grande étude humaine n'a évalué la prévention du cancer de la peau comme critère principal, donc ce pas-là ne peut pas encore être franchi.
Les preuves reposent sur un seul essai clinique randomisé de petite taille financé par un fabricant, deux revues systématiques et plusieurs autres synthèses. Les études cellulaires et chez l'animal fournissent une base mécanistique. Aucun grand essai randomisé indépendant n'est disponible ; la prévention du cancer de la peau comme critère d'évaluation n'a pas été étudiée chez l'humain.