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Le thé vert aide-t-il à lutter contre les infections ?

Preuves modérées

Contre la grippe, les preuves sont raisonnablement solides : les catéchines du thé vert semblent utiles. Pour la plupart des autres infections, les données restent au stade du laboratoire ou des études animales. Utilise-le en complément des mesures de prévention habituelles, pas à leur place.

C'est contre la grippe que le thé vert dispose des preuves les plus solides. Une méta-analyse portant sur cinq essais cliniques randomisés (884 participants) et trois études de cohorte (2 223 participants) montre que les catéchines du thé vert réduisent le risque de grippe d'environ un tiers lorsqu'elles sont ingérées, et de près de la moitié dans les cohortes. Se gargariser ou avaler donnait des résultats comparables. Les auteurs soulignent eux-mêmes qu'il manque encore de grandes études à long terme avec des dosages fixes.

Contre les autres virus, les données proviennent principalement de laboratoire. Le principal composant actif, l'EGCG, bloque dans des cultures cellulaires un large éventail de virus : grippe, hépatites B et C, herpès et VIH. Ces concentrations sont théoriquement atteignables dans le corps, mais aucun essai clinique ne confirme qu'une tasse de thé quotidienne les atteint réellement. Concernant le COVID-19, on en est encore aux modèles théoriques et informatiques, pas aux essais chez l'humain.

Pour les infections bactériennes, le tableau est plus nuancé. En laboratoire, l'EGCG inhibe aussi des bactéries, dont la bactérie hospitalière MRSA. Les concentrations nécessaires sont dix à cent fois supérieures à celles requises contre les virus, et rien ne garantit qu'on les atteigne en buvant du thé. Une petite étude clinique non en aveugle (64 patients) a observé qu'une pommade à base de thé guérissait une infection cutanée chez 81 % des patients, un résultat comparable aux antibiotiques standards. C'est prometteur, mais trop limité pour tirer des conclusions fermes.

Pour le rhume ordinaire, des études d'observation fournissent quelques pistes, mais les preuves cliniques font défaut. Boire du thé vert en quantités raisonnables est sans danger. En complément des mesures habituelles, comme la vaccination annuelle contre la grippe, c'est un choix tout à fait raisonnable, mais pas un substitut à un traitement médical en cas d'infection.

Les preuves
8 études · 1 méta-analyse · 1 essais randomisé · ≈ 3 171 participants

Les preuves sur la prévention de la grippe proviennent d'une méta-analyse (PMID 34209247). Les données antivirales de laboratoire viennent de revues (PMID 23072320, 34209485) et d'études en culture cellulaire (PMID 11684313, 32868200). Les preuves antibactériennes de laboratoire proviennent d'une revue (PMID 23072320). L'étude clinique sur l'impétigo : PMID 11138536. Rhume : revue (PMID 30037024). COVID-19 : revues (PMID 34209485, 38291871).

Dernière vérification: septembre 2026 · comment cela a été jugé
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