Que fait la sieste diurne à ta santé ?
Une sieste courte, inférieure à 30 minutes, semble sans risque et bénéfique pour la vigilance. Les données scientifiques montrent que faire régulièrement des siestes de plus d'une demi-heure est associé à une tension artérielle plus élevée, à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires. Mieux vaut donc garder la sieste brève si tu veux te reposer en journée.
Une sieste courte, inférieure à 30 minutes, améliore de façon mesurable la vigilance et les performances cognitives. Cet effet dure jusqu'à deux heures après le réveil, et il est plus marqué lorsque la sieste est prise tôt dans l'après-midi, avant 13 h. Au réveil immédiat, une légère torpeur peut apparaître, mais elle se dissipe rapidement. La plupart des études sur ce sujet ont toutefois été menées en laboratoire, et non en conditions de travail réelles.
Chez les personnes qui font régulièrement des siestes de plus de 30 minutes, le tableau est différent. De grandes études observationnelles signalent un risque accru de mortalité, de maladies cardiovasculaires, de troubles métaboliques et de cancer. Une méta-analyse portant sur plus de 1,8 million de personnes a retrouvé ce schéma uniquement pour les siestes d'au moins 30 minutes, pas pour les siestes plus courtes. Des travaux distincts associent également les siestes longues à un risque de diabète de type 2 supérieur de 7 à 20 %.
La question est de savoir si faire de longues siestes est en soi délétère, ou si les personnes déjà fragilisées par une maladie sous-jacente dorment simplement plus souvent et plus longtemps dans la journée. Deux grandes études génétiques menées sur plus de 800 000 Britanniques au total suggèrent que faire régulièrement des siestes contribue effectivement à une tension artérielle plus élevée et à un tour de taille plus grand, indépendamment d'autres facteurs. Ces résultats plaident davantage pour un lien de causalité que pour une simple coïncidence, même si la prudence reste de mise.
Cette même grande méta-analyse a également mis en évidence des signaux positifs : les dormeurs réguliers présentaient un risque plus faible de déclin cognitif et de perte musculaire. Ce résultat est observationnel et mérite d'être confirmé.
Quant à la recommandation d'hygiène du sommeil consistant à éviter la sieste pour améliorer le sommeil nocturne, elle est moins bien étayée qu'on pourrait le croire. Un lien entre sieste diurne et sommeil nocturne de moins bonne qualité a certes été observé, mais les preuves expérimentales montrant que supprimer la sieste améliore concrètement la nuit de sommeil font largement défaut.
Sept études utilisées : une méta-analyse d'essais cliniques randomisés (cognition), une grande méta-analyse de 44 études de cohorte (1,8 million de participants), deux grandes études de randomisation mendélienne dans la UK Biobank (plus de 800 000 participants au total), une revue systématique sur le diabète et une étude de synthèse sur l'hygiène du sommeil. L'ensemble des grandes études est de nature observationnelle ou génétique ; des essais randomisés sur les effets à long terme sur la santé font défaut.