Un mauvais sommeil augmente-t-il mon risque de cancer ?
Des indices prudents suggèrent que les problèmes de sommeil pourraient augmenter le risque de cancer, mais les preuves sont encore trop limitées pour l'affirmer. Si tu veux réduire ton risque, arrêter de fumer, limiter l'alcool et bouger davantage apportent un bénéfice bien plus important que d'agir sur le sommeil seul.
Les perturbations du sommeil et une durée de sommeil anormale semblent augmenter le risque de cancer du sein. Les études disponibles restent peu nombreuses et leurs résultats ne sont pas toujours statistiquement solides : les preuves sont de qualité modérée, ce qui empêche toute conclusion ferme.
Les troubles du sommeil chroniques pourraient aussi être liés à plusieurs autres types de tumeurs. Un problème de causalité circulaire se pose ici : les troubles du sommeil peuvent accroître le risque de cancer, mais le cancer lui-même perturbe le sommeil. On ne sait pas encore quel trouble aggrave précisément quel risque.
Comparé au sommeil, le lien entre l'alcool, le tabac, l'obésité sévère et le risque de cancer du sein repose sur des preuves bien plus solides. Plusieurs grandes études pointent dans la même direction pour ces facteurs. L'activité physique régulière semble au contraire protectrice : les personnes qui bougent régulièrement présentent un risque plus faible. Ce sont les leviers les plus directement modifiables.
Les mécanismes qui expliqueraient un lien entre sommeil et cancer restent incertains. Le sommeil influence le système immunitaire et l'équilibre hormonal, et des dérèglements dans ces systèmes pourraient théoriquement jouer un rôle. Ce mécanisme n'a cependant pas encore été démontré chez l'humain.
Toutes les affirmations reposent sur des études observationnelles (associatives). Aucun essai clinique randomisé ne montre qu'améliorer le sommeil prévient le cancer. La causalité n'est pas établie pour le sommeil en particulier.