Trop peu ou trop dormir ? Les cellules vieillissent plus vite
Les méfaits du manque de sommeil sont bien documentés. Mais dormir trop longtemps semble également accélérer le vieillissement biologique. Une nouvelle étude mobilisant 23 horloges du vieillissement différentes pointe vers une fenêtre optimale étroite.
Le sommeil n'obéit pas à la règle « plus on dort, mieux c'est ». Les chercheurs ont analysé des horloges biologiques du vieillissement (des outils qui estiment la vitesse de vieillissement du corps à partir de modifications moléculaires) chez des personnes aux habitudes de sommeil variées. Ils en ont utilisé 23 simultanément, une approche particulièrement large.
Le vieillissement biologique le plus lent s'observait chez les personnes dormant en moyenne entre 6,4 et 7,8 heures par nuit. Celles qui dormaient régulièrement moins ou plus présentaient un vieillissement biologique accéléré dans plusieurs systèmes d'organes à la fois : cœur, cerveau, poumons, métabolisme et système digestif.
Au-delà d'un seul organe
Ce qui distingue cette étude des travaux antérieurs, c'est l'utilisation simultanée de plusieurs horloges. Une seule horloge biologique ne capte qu'une partie des processus moléculaires. En en combinant 23, on obtient une image plus solide du vieillissement global de l'organisme. Un sommeil trop court comme trop long était associé à un âge biologique plus élevé dans plusieurs tissus à la fois.
Du point de vue de la longévité, c'est notable : cela suggère que le sommeil est un levier modifiable qui agit directement sur la vitesse de vieillissement des cellules et des organes. Les chercheurs soulignent toutefois qu'il s'agit d'une association, et non d'une relation de cause à effet établie. Les personnes qui dorment chroniquement mal peuvent aussi présenter d'autres facteurs accélérant le vieillissement.
Qu'est-ce que cela change concrètement ?
L'optimum identifié, soit environ 6,5 à 8 heures, correspond aux recommandations existantes pour les adultes. Ce qui est nouveau, c'est l'étendue des données : l'accélération du vieillissement liée à un mauvais sommeil ne semble pas limitée à un seul système. Il reste par ailleurs difficile de savoir si un sommeil prolongé chez les personnes âgées est une cause ou une conséquence du vieillissement accéléré.
Les recherches utilisant des horloges biologiques du vieillissement progressent rapidement. Elles promettent des éclairages plus précis sur le moment et la manière dont les choix de mode de vie influencent le rythme du vieillissement, même si les méthodes sont encore en cours d'affinage.
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Recherche par exemple :
- biological aging clocks
- sleep and aging
- epigenetic age measurement