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Un champignon dangereux se réfugie dans les follicules pileux pour échapper au système immunitaire

La rédaction de LongevityWatch · 9 août 2026 · 2 min · English

Un champignon résistant aux médicaments, qui infecte un nombre croissant de patients hospitalisés, a trouvé une cachette inattendue : le follicule pileux. Il y échappe à la surveillance immunitaire et survit longtemps après le traitement.

Candida auris est un champignon pathogène qui se propage dans les hôpitaux du monde entier. Il est réputé pour sa résistance aux antifongiques courants et infecte principalement des personnes immunodéprimées, notamment les personnes âgées et les patients en soins intensifs. Une nouvelle étude publiée dans Science décrit le mécanisme par lequel ce champignon déjoue la reconnaissance immunitaire habituelle.

Le système immunitaire détecte normalement les champignons grâce à des molécules présentes sur leur paroi cellulaire. L'une d'elles est la chitine, un polymère de sucre que l'on retrouve aussi dans les carapaces d'insectes et de crustacés. Les chercheurs ont découvert que C. auris peut exposer sa couche de chitine d'une façon qui déclenche une réaction immunitaire particulière : la production d'interféron-gamma (IFN-γ), une molécule de signalisation qui active les cellules immunitaires.

Le follicule pileux, un site à l'abri de l'immunité

Cette réponse immunitaire est normalement protectrice. Mais dans le follicule pileux, la petite cavité cutanée d'où émerge le poil, le champignon semble capable de se maintenir durablement. Les follicules pileux sont naturellement moins surveillés par les cellules immunitaires, un compromis évolutif qui favorise la pousse du poil mais crée une porte d'entrée aux infections.

Ce phénomène pourrait expliquer pourquoi C. auris est si difficile à éliminer chez les patients. Même après traitement, le champignon peut persister dans les follicules pileux et provoquer des infections récurrentes. Chez les personnes dont le système immunitaire vieillit et perd en efficacité contre les infections opportunistes, ce constat est particulièrement préoccupant.

De nouvelles pistes thérapeutiques

La mise en évidence du rôle de l'exposition à la chitine et de la réponse IFN-γ ouvre de nouvelles perspectives. Stimuler la réponse immunitaire au sein même des follicules pileux, ou perturber la stratégie de persistance du champignon, sont des pistes envisageables. Ces travaux, fondés sur des modèles animaux et cellulaires, restent à un stade précoce et toute application clinique demeure lointaine.

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