Un variant génétique rare multiplie le risque de cancer du poumon chez les non-fumeurs
Le cancer du poumon touche de plus en plus de personnes n'ayant jamais fumé. Les scientifiques en cherchent les causes depuis des années. Un variant génétique rare vient d'être identifié, qui multiplie considérablement le risque chez les non-fumeurs.
Une équipe de chercheurs a identifié un variant génétique associé à un risque de cancer du poumon 25 fois plus élevé chez les personnes n'ayant jamais fumé. Ces chercheurs ont publié leurs résultats dans la revue Science, en s'appuyant sur les données génétiques de millions de personnes collectées par 23andMe. Aux États-Unis, ce variant est nettement plus répandu dans la région des Appalaches du Sud que dans le reste du pays.
Rare, mais révélateur
Le variant est peu fréquent : il n'explique qu'une infime part de l'ensemble des cas de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Les experts insistent sur ce point. La découverte reste néanmoins importante pour deux raisons. Elle confirme d'abord que le cancer du poumon chez les non-fumeurs obéit à des facteurs de risque différents de ceux liés au tabac. Ces tumeurs pourraient nécessiter une approche distincte en matière de dépistage et de traitement. Elle montre ensuite ce que permettent les grands ensembles de données génétiques.
Sur le plan de la longévité, cette recherche est pertinente du point de vue de la prévention. Le cancer du poumon figure parmi les principales causes de mort prématurée. Si des variants génétiques déterminent qui court un risque élevé, cela ouvre la voie à un dépistage plus ciblé pour les personnes qui se croient peu exposées parce qu'elles n'ont jamais fumé.
Une interprétation prudente s'impose
L'étude comporte des limites. Les données proviennent en partie de déclarations personnelles et de tests génétiques commerciaux, ce qui nuit à leur précision. Par ailleurs, un risque multiplié par 25 pour une maladie déjà rare reste un risque absolu faible. Il s'agit d'une association, pas d'une causalité établie : on ne sait pas encore si le variant provoque directement le cancer du poumon ou s'il est lié à un autre facteur sous-jacent.
Ce que l'étude montre clairement, c'est que les non-fumeurs atteints d'un cancer du poumon ne forment pas un groupe homogène. Facteurs de risque génétiques, expositions environnementales et variables encore inconnues jouent chacun un rôle. Cela plaide pour une approche plus nuancée de la prédiction du risque.
Termes de recherche pour approfondir le sujet : lung cancer genetic risk never-smokers, rare genetic variants cancer risk population study, lung carcinoma non-smoker risk factors