Une protéine humaine contrôle la propagation du coronavirus
Pourquoi certains virus se répliquent-ils si efficacement qu'ils débordent le système immunitaire ? Dans le SARS-CoV-2, une seule protéine humaine joue un rôle clé à plusieurs étapes de ce processus. Cette découverte ouvre une nouvelle piste pour les traitements antiviraux.
Le coronavirus SARS-CoV-2 a trouvé un moyen efficace de se multiplier dans les cellules humaines. Après l'infection, il détourne les mécanismes propres de la cellule pour produire de nouvelles particules virales. La façon dont cela fonctionne, et quelles protéines humaines sont mobilisées, n'a pas encore été entièrement élucidée.
ITCH comme régulateur central
Des chercheurs ont identifié la protéine ITCH comme un régulateur central du cycle de vie du SARS-CoV-2. ITCH est une E3 ubiquitine ligase : une protéine qui accroche une étiquette chimique, l'ubiquitine, sur d'autres protéines. Cette étiquette marque les protéines pour les orienter vers leur dégradation ou modifier leur fonction. L'étude, publiée dans eLife, montre qu'ITCH fait cela simultanément à plusieurs protéines virales, dont les protéines d'enveloppe et de membrane du virus.
ITCH influence donc la façon dont le virus assemble son enveloppe externe, puis quitte la cellule pour en infecter de nouvelles. Sans une activité suffisante d'ITCH, ce processus devient moins efficace pour le virus.
Lien avec le vieillissement et le risque d'infection
Les personnes âgées sont plus vulnérables aux formes graves de COVID-19. Cette vulnérabilité s'explique en partie par les modifications du système immunitaire. Mais les mécanismes antiviraux à l'intérieur des cellules changent eux aussi avec l'âge. Si ITCH joue un rôle central dans la réplication du virus, il est pertinent de se demander si son activité évolue au fil du vieillissement.
Sur le plan pratique, la découverte offre une cible thérapeutique potentielle : bloquer ou moduler ITCH pourrait limiter la réplication virale. C'est une stratégie différente des vaccins ou des médicaments qui s'attaquent directement au virus. Des recherches cliniques restent nécessaires pour savoir si cette approche est efficace chez l'humain.