Une seule molécule explique pourquoi l'exercice perd de son efficacité avec l'âge
Les muscles vieillissants répondent moins bien à l'entraînement. Une molécule de signalisation semble expliquer une grande part de cette différence. Quand elle est suffisamment présente, les muscles tirent bien plus de bénéfices de l'exercice.
Le L-BAIBA (acide bêta-aminoisobutyrique) est une molécule produite par les muscles pendant l'effort, qui agit ensuite sur le muscle lui-même. Les chercheurs ont cartographié la chaîne biochimique par laquelle le L-BAIBA fonctionne. La molécule relie PGC-1α, un régulateur bien connu du métabolisme musculaire, aux récepteurs PPARα et PPARδ. Ces récepteurs stimulent à leur tour la biogenèse mitochondriale (la production de nouvelles structures génératrices d'énergie dans les cellules), la conversion des types de fibres musculaires et le transport du glucose.
En résumé : plus le L-BAIBA est disponible, plus les muscles répondent efficacement à l'entraînement. Avec l'âge, cette chaîne semble perdre en efficacité, ce qui affaiblit la réponse à l'exercice. Dans des études chez la souris, une supplémentation en L-BAIBA a amélioré la fonction musculaire et la réponse à l'effort chez les animaux plus âgés.
Un maillon intermédiaire dans le vieillissement musculaire
Cette découverte place le L-BAIBA comme intermédiaire entre deux systèmes déjà bien étudiés : la voie PGC-1α et les récepteurs PPAR. Ces deux systèmes font l'objet de recherches depuis longtemps dans le contexte du vieillissement musculaire et du métabolisme énergétique. Le rôle du L-BAIBA comme pont entre eux est nouveau. Il ouvre des pistes pour la recherche.
La supplémentation comme complément à l'exercice ?
Des études précédentes chez la souris avaient déjà montré que la supplémentation en L-BAIBA améliorait la réponse à l'effort chez les souris âgées. Ces nouveaux travaux apportent le mécanisme explicatif. Aucun essai contrôlé n'a encore établi si le même effet se produit chez l'humain ; les résultats restent préliminaires et reposent sur des données animales.
Du point de vue de la longévité, la question est stimulante : si les muscles deviennent moins sensibles au signal de l'exercice avec l'âge, peut-on amplifier ce signal grâce à un composé que le muscle produit lui-même ? La réponse reste inconnue, mais les bases mécanistiques sont désormais en place.
Termes de recherche pour aller plus loin : PGC-1alpha muscle metabolism ageing, myokine exercise response, PPAR muscle adaptation exercise