Des amas de cellules cultivés en laboratoire permettent de régénérer les micro-vaisseaux cardiaques
Après un infarctus, les petits vaisseaux sanguins du tissu cardiaque sont perdus de façon permanente. Les chirurgiens peuvent remplacer les gros vaisseaux, mais les micro-vaisseaux qui nourrissent le muscle cardiaque de l'intérieur restent hors de portée. Une nouvelle approche fondée sur des amas de cellules cultivés en laboratoire pourrait changer la donne.
Des chercheurs ont créé des organoïdes vasculaires, de petits agrégats de cellules capables de former de nouveaux vaisseaux sanguins, à partir de cellules progénitrices endothéliales issues de sang humain et de cellules musculaires lisses dérivées de cellules souches de moelle osseuse humaine. L'étude décrit comment des patches de ces organoïdes ont été posés sur la surface externe de cœurs de porcs atteints de cardiopathie ischémique, puis suivis pendant quatre semaines.
Les résultats sont encourageants. La fonction cardiaque s'est améliorée chez les porcs ayant reçu les patches d'organoïdes par rapport aux animaux non traités. La progression vers l'insuffisance cardiaque a été ralentie. Des cellules individuelles issues des patches de surface ont été retrouvées dans les couches plus profondes du tissu cardiaque, ce qui suggère une migration active dans le muscle et une possible contribution à la formation de nouveaux vaisseaux.
Pourquoi c'est important pour le vieillissement
La portée de ces travaux dépasse la seule maladie cardiaque. La raréfaction des capillaires est un phénomène reconnu du vieillissement dans de nombreux tissus, notamment musculaires, cérébraux et rénaux. Si les stratégies fondées sur les organoïdes parviennent à restaurer des réseaux microvasculaires, l'approche pourrait avoir des implications bien au-delà de la réparation cardiaque. Les chercheurs évoquent cette perspective, même si le transfert à d'autres tissus reste à ce stade spéculatif.
Les patches d'organoïdes ont survécu plusieurs semaines après la transplantation. Ils semblent reproduire suffisamment les fonctions de la matrice extracellulaire, le réseau structural qui maintient les cellules assemblées dans un tissu, pour améliorer la survie des cellules transplantées. Cette approche est ainsi mécanistiquement plus solide qu'une simple perfusion de cellules.
Ce qu'il reste à démontrer
Les résultats se limitent pour l'instant à un modèle animal. Le cœur du porc ressemble étroitement à celui de l'être humain, ce qui renforce l'argument en faveur d'une transposition clinique, mais aucun essai chez l'humain n'a encore été mené. Démontrer que cette stratégie est sûre et efficace chez les patients nécessitera des études cliniques de grande envergure.
Approfondir le sujet
Exemples de recherches :
- vascular organoids cardiac regeneration
- capillary rarefaction aging
- endothelial progenitor cell therapy