Peut-on éliminer les microplastiques des vaisseaux sanguins ?
Il n'existe aucune méthode pour éliminer les microplastiques des vaisseaux sanguins, et le sujet n'a pas encore été étudié. La seule piste concrète est de réduire l'exposition au quotidien – moins d'emballages plastiques, pas de chauffage des aliments dans du plastique.
Les microplastiques ont été détectés dans le sang, l'urine, les poumons, le lait maternel, le sperme et le placenta. Une petite étude portant sur 26 caillots prélevés lors d'opérations cardiaques en a retrouvé dans 16 cas : des pigments synthétiques et une particule de polyéthylène. Cela confirme que ces substances atteignent les vaisseaux sanguins, mais on ignore encore dans quelle mesure cela concerne les personnes en bonne santé.
Il n'existe aucun moyen ciblé d'éliminer les microplastiques des vaisseaux ou des tissus. Aucune étude ne décrit une telle méthode. L'organisme dispose d'une certaine défense naturelle : les particules les plus grosses sont éliminées en grande partie par les selles. Les plus petites, et surtout les nanoplastiques, peuvent franchir les barrières biologiques et pénétrer plus profondément dans le corps, mais les quantités réellement impliquées chez l'être humain restent mal établies.
Des expériences en laboratoire et chez l'animal montrent que les microplastiques peuvent provoquer une inflammation, des dommages cellulaires et des lésions de l'ADN. Ces mécanismes sont associés aux maladies cardiaques, aux maladies pulmonaires et au cancer. Chez l'être humain, les preuves directes d'un tel dommage restent limitées et reposent sur des associations statistiques, non sur des relations de cause à effet démontrées. On ne sait pas encore si les concentrations auxquelles on est exposé au quotidien ont une réelle portée clinique.
En l'absence de technique d'élimination, réduire l'exposition est la seule stratégie concrète. Cela passe par moins d'emballages plastiques, l'eau du robinet plutôt que l'eau en bouteille, et l'abandon du chauffage des aliments dans des récipients en plastique. Ces mesures diminuent les apports, mais aucune étude ne chiffre le bénéfice santé réel qu'on peut en attendre.
Cette réponse s'appuie sur deux synthèses de la littérature et une petite étude chez l'être humain (26 caillots sanguins). Les données sur la présence de microplastiques dans le corps sont assez cohérentes entre elles, mais les études sur les effets sanitaires chez l'être humain sont majoritairement observationnelles et de petite taille. Il n'existe aucune recherche sur l'élimination des microplastiques des vaisseaux sanguins. Les chercheurs eux-mêmes soulignent l'absence de méthodes de mesure standardisées, d'une caractérisation précise de l'exposition et d'études de grande envergure sur le long terme.