Des cellules souches guidées avec succès vers un destin tendineux
Les tendons cicatrisent mal. Leur vascularisation est limitée, leur réparation est lente, et chez les personnes âgées, elle l'est encore davantage. Un nouveau protocole permet désormais de convertir des cellules souches humaines en cellules tendineuses, étape par étape, ouvrant la voie à une thérapie cellulaire pour les blessures tendineuses.
Les tendons relient les muscles aux os et sont soumis en permanence à des contraintes mécaniques. Les lésions se réparent lentement et de façon incomplète, ce qui entraîne des problèmes chroniques et une perte de mobilité chez les personnes âgées. Jusqu'à présent, il n'existait pas de méthode fiable pour produire des cellules tendineuses à partir de cellules souches humaines en laboratoire.
Des chercheurs ont eu recours à la transcriptomique unicellulaire (une technique qui mesure l'activité des gènes dans chaque cellule individuellement) pour cartographier les étapes du développement embryonnaire des tendons. Sur cette base, ils ont mis au point un protocole progressif qui convertit des cellules souches pluripotentes induites humaines (des cellules souches obtenues à partir de cellules adultes) en un type cellulaire ressemblant étroitement aux précurseurs tendineux embryonnaires. Ces travaux sont décrits dans l'étude publiée dans eLife.
Pourquoi c'est important pour le vieillissement
Le tissu tendineux vieillit de façon spécifique. La matrice extracellulaire (le réseau de protéines situé à l'extérieur des cellules) perd son élasticité et sa structure. Les cellules qui entretiennent cette matrice deviennent moins actives. Une thérapie cellulaire apportant de nouvelles cellules tendineuses jeunes pourrait ralentir ou inverser ce processus.
Le nouveau protocole n'a pas encore été testé sur des animaux ou des humains. Mais le fait que les cellules présentent les bonnes caractéristiques moléculaires constitue une première étape indispensable. Sans protocole fiable pour produire les bonnes cellules, toute application ultérieure est impossible. Cette base existe désormais.
Une applicabilité plus large
La même approche pourrait servir à étudier d'autres types de tissus conjonctifs difficiles à prélever sur des tissus vivants. Les tendons représentent un cas particulier, mais la combinaison de la transcriptomique unicellulaire et de la différenciation de cellules souches est une méthode à large portée pour comprendre le vieillissement des tissus.