L'évacuation des déchets cérébraux par le nez se dégrade avec l'âge
Le cerveau possède son propre système de drainage des déchets métaboliques. Ce système se détériore avec l'âge, et cette détérioration est liée à l'accumulation de protéines observée dans les démences. Une nouvelle étude a cartographié en détail une portion clé de ce circuit d'évacuation.
Entre les bulbes olfactifs, situés à l'avant du cerveau, et l'os criblé qui sépare le cerveau de la cavité nasale, des chercheurs ont identifié un réseau lymphatique spécialisé. Ces chercheurs ont découvert de nombreuses ouvertures microscopiques dans la membrane arachnoïde, l'une des méninges (les membranes qui enveloppent le cerveau), mesurant environ 2 à 12 micromètres de diamètre. Par ces ouvertures, le liquide céphalorachidien s'écoule directement dans des vaisseaux lymphatiques méningés, puis vers des ganglions lymphatiques du cou.
Un circuit qui se grippe avec l'âge
Lorsque ces ouvertures ont été obstruées physiquement à l'aide de microsphères, le drainage du liquide céphalorachidien vers les ganglions cervicaux a chuté de façon marquée, confirmant leur rôle fonctionnel. Des structures similaires ont également été identifiées chez le macaque cynomolgus, ce qui suggère que ce système est conservé au cours de l'évolution au-delà des rongeurs.
Chez les souris âgées, ces ouvertures étaient plus petites et les vaisseaux lymphatiques moins actifs. Les chercheurs ont alors administré du VEGF-C par voie intranasale à des souris plus âgées. Cette molécule de signalisation favorise la croissance des vaisseaux lymphatiques. Cette voie nasale, moins invasive, a sélectivement élargi les vaisseaux lymphatiques autour des bulbes olfactifs et a partiellement amélioré le drainage. Le déclin lié à l'âge n'a pas été entièrement corrigé, mais ces résultats intéressent directement la recherche sur les démences : la maladie d'Alzheimer prend naissance précisément dans la région cérébrale que surplombe ce circuit de drainage.
Une approche moins invasive
Les stratégies antérieures visant à améliorer la circulation du liquide céphalorachidien nécessitaient de pénétrer les méninges. L'administration nasale testée ici s'affranchit de cette contrainte. Ces travaux restent des recherches animales, et leur applicabilité sûre à l'être humain devra être établie. La cartographie précise d'un circuit d'élimination des déchets cérébraux, partiellement restaurable et sensible au vieillissement, ouvre néanmoins une piste thérapeutique concrète.
Termes de recherche pour approfondir le sujet : glymphatic system cerebrospinal fluid, meningeal lymphatic vessels aging, VEGF-C neural lymphangiogenesis