La cartographie cérébrale prédit la force musculaire chez les personnes âgées
La force de préhension de la main refléterait le câblage du cerveau. Des chercheurs ont montré que certains schémas d'activité cérébrale permettent de prédire avec précision la force musculaire chez les personnes âgées. La fragilité physique pourrait trouver son origine dans le cerveau plus tôt qu'on ne le pensait.
La force de préhension est depuis longtemps utilisée comme indicateur de fragilité physique chez les personnes âgées. Une prise affaiblie est associée à un risque accru de chutes, d'hospitalisations et de mortalité précoce. Ce phénomène était jusqu'ici principalement attribué à la dégradation des muscles et des nerfs du bras.
De nouvelles recherches suggèrent que ce tableau est trop réducteur. Les chercheurs ont demandé à des adultes âgés en bonne santé d'effectuer deux tâches dans un scanner IRM en utilisant leur main non dominante. Ils ont ensuite analysé le connectome fonctionnel de chaque participant, c'est-à-dire la carte des communications entre les différentes régions du cerveau. Cette carte s'est révélée individuellement reconnaissable, à la manière d'une « empreinte cérébrale ».
Les réseaux moteurs comme marqueurs de fragilité
Des connexions précises au sein des régions cérébrales motrices et des réseaux attentionnels permettaient de prédire la force maximale de préhension d'un individu. Une connectivité fonctionnelle plus élevée dans ces réseaux correspondait à une force musculaire mesurée plus importante. Cela laisse supposer qu'une partie de la fragilité physique liée à l'âge prend racine dans la façon dont le cerveau tisse ses connexions, et pas seulement dans le muscle lui-même.
Une réserve s'impose : il s'agit d'une association, non d'une relation de causalité. Cette seule étude ne permet pas de déterminer si c'est le cerveau qui conditionne la force de préhension, ou si les deux sont influencés par un mécanisme commun du vieillissement. Du point de vue de la longévité, il est néanmoins notable que le connectome pourrait constituer un signal précoce de déclin physique, avant même que la faiblesse musculaire ne devienne cliniquement visible.
L'IRM comme outil de prédiction de la vulnérabilité physique
Ces résultats ouvrent la voie à l'utilisation des images cérébrales pour anticiper la fragilité physique, ce qui permettrait d'intervenir plus tôt, par exemple grâce à un programme d'exercice ciblé ou d'autres stratégies adaptées. L'étude portait spécifiquement sur des adultes âgés en bonne santé ; dans quelle mesure ces conclusions s'appliquent à des personnes déjà fragiles ou atteintes de pathologies neurologiques reste à préciser.