La molécule énergétique FAD tient en bride les capteurs immunitaires du vieillissement
Une molécule connue pour son rôle dans le transport d'énergie au sein des cellules contrôle aussi le déclenchement de l'alarme immunitaire. Cela a des répercussions directes sur le développement de l'inflammation chronique liée à l'âge.
Le flavine adénine dinucléotide, ou FAD, est surtout connu comme acteur de la production d'énergie cellulaire. Mais l'étude, publiée dans Nature Aging, lui attribue une fonction inédite : le FAD agit comme un point de contrôle immunitaire sur deux protéines clés de l'immunité innée, cGAS et RIG-I.
cGAS et RIG-I sont des capteurs qui détectent du matériel génétique se retrouvant hors du noyau cellulaire, signe qu'un dysfonctionnement interne a eu lieu. Leur activation déclenche une cascade aboutissant à la production de molécules inflammatoires. Avec l'âge, les cellules deviennent plus sensibles à ces signaux, ce qui alimente l'inflammation chronique de faible intensité caractéristique des organismes vieillissants.
Le FAD comme frein moléculaire à l'inflammation
La découverte que le FAD bride ces capteurs ouvre une nouvelle perspective. À mesure que les cellules vieillissent, la disponibilité des métabolites comme le FAD se modifie. Une baisse des niveaux de FAD pourrait lever le frein exercé sur cGAS et RIG-I, ce qui expliquerait pourquoi les cellules âgées s'enflamment de façon chronique sans déclencheur extérieur apparent. Ce mécanisme représente peut-être un lien entre le métabolisme et l'activation immunitaire au cours du vieillissement.
Pour la recherche sur la longévité, l'intérêt réside dans l'identification d'un nouveau point d'intervention : plutôt que d'inhiber directement les capteurs, ce qui peut entraîner des effets indésirables, il s'agirait d'agir sur la disponibilité du FAD. Cette piste reste à explorer. L'étude décrit un mécanisme ; sa transposabilité clinique n'est pas encore établie.
Ce qui reste à élucider
Les chercheurs ont démontré ce mécanisme en conditions de laboratoire. L'étude ne dit rien sur l'évolution des niveaux de FAD avec l'âge chez l'être humain vivant, ni sur la capacité d'une supplémentation en FAD ou en molécules apparentées à réduire l'inflammation. Ces résultats sont préliminaires, mais ils apportent un mécanisme métabolique concret au débat sur l'inflammaging, terme désignant l'inflammation chronique de bas grade associée au vieillissement.
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Quelques pistes de recherche :
- cGAS-STING innate immune activation aging
- flavin adenine dinucleotide metabolism inflammation
- innate immune checkpoint metabolite