La protéine tau s'impose au cœur du sommet mondial sur la maladie d'Alzheimer
Longtemps centrée sur les plaques amyloïdes, la recherche sur Alzheimer pivote. À la grande conférence AAIC de Londres, une autre protéine occupe désormais le devant de la scène : tau.
Tau est une protéine qui joue un rôle structurel dans les cellules cérébrales saines. Dans la maladie d'Alzheimer, elle subit des modifications chimiques et s'agrège en enchevêtrements appelés dégénérescences neurofibrillaires. Ces amas s'accumulent à l'intérieur des neurones et sont étroitement associés à la mort cellulaire ainsi qu'à l'aggravation des symptômes.
À l'AAIC (Alzheimer's Association International Conference), des chercheurs du monde entier se sont réunis. Selon les comptes rendus, les traitements ciblant tau et la barrière hémato-encéphalique sont les grands thèmes de cette édition. La barrière hémato-encéphalique est le filtre protecteur qui sépare le cerveau de la circulation sanguine. Elle régule le passage des substances vers le cerveau et en dehors, y compris celui des médicaments potentiels.
Pourquoi tau s'impose maintenant
Les médicaments qui éliminent les plaques amyloïdes n'ont montré qu'un bénéfice clinique modeste lors des essais, même lorsqu'ils réduisaient mesurably l'amyloïde de façon mesurable. Cet constat a ravivé l'intérêt pour tau comme cible thérapeutique. L'accumulation de tau est en effet plus étroitement corrélée au déclin cognitif que celle de l'amyloïde, ce qui en fait un point d'intervention potentiellement plus pertinent.
Tests sanguins et détection précoce
La détection précoce par analyses sanguines constitue un second axe fort de la conférence. De nouveaux marqueurs diagnostiques sanguins, dont des variants de tau, permettent de détecter des modifications liées à Alzheimer des décennies avant l'apparition des premiers symptômes. Cela ouvre la voie à des traitements préventifs, même si l'on ne sait pas encore chez quels patients ni à quel moment une intervention serait réellement bénéfique.
Du point de vue de la biologie du vieillissement, tau et amyloïde ne sont pas dissociables des processus plus larges que sont l'inflammation, le vieillissement vasculaire et le déclin de l'autophagie -- le mécanisme par lequel les cellules éliminent leurs déchets. La façon dont les thérapies ciblant tau s'articulent avec cette biologie globale reste une question ouverte, que des conférences comme l'AAIC abordent de plus en plus.
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