La psilocybine réduit l'addiction à la cocaïne dans des modèles animaux
Le composé actif des champignons hallucinogènes réduit le comportement de recherche de cocaïne dans des modèles animaux. C'est déjà remarquable en soi. Mais ce qui rend cette découverte pertinente pour la longévité, c'est ce qu'elle révèle sur le lien entre le vieillissement du cerveau et les comportements addictifs.
La psilocybine est déjà étudiée contre la dépression et le trouble de stress post-traumatique. L'étude publiée dans Science montre que ce composé réduit aussi la sensibilité à la cocaïne dans des modèles animaux. Les chercheurs attribuent cet effet à des modifications dans la façon dont les cellules cérébrales traitent les signaux via des récepteurs spécifiques (les récepteurs sérotoninergiques de type 2A).
Addiction et vieillissement sont étroitement liés. La consommation chronique de substances accélère les dommages cellulaires, l'inflammation et la dégradation du tissu cérébral. Les personnes souffrant d'addiction de longue date sont souvent biologiquement plus âgées que leur âge civil. Les traitements qui réduisent les comportements addictifs pourraient donc contribuer à ralentir le vieillissement dans cette population.
Comment la psilocybine agit sur le cerveau
La psilocybine se fixe sur les mêmes récepteurs que la sérotonine. À doses élevées, elle perturbe temporairement la frontière entre les perceptions sensorielles et la pensée intérieure. À doses plus faibles, comme dans certains protocoles thérapeutiques, les effets sont plus subtils. Elle semble augmenter provisoirement la capacité du cerveau à réviser des schémas comportementaux bien ancrés.
Dans l'étude sur la cocaïne, cet effet s'est traduit par une réduction du comportement de recherche de drogue après une exposition à la psilocybine. Que ce mécanisme se transpose directement à l'humain reste incertain. Des essais cliniques sont en cours, mais ils en sont encore à leurs premières phases.
Implications pour le vieillissement cérébral
Les régions du cerveau impliquées dans le traitement de la récompense et les comportements addictifs, notamment le cortex préfrontal et le striatum, vieillissent elles aussi. Elles perdent des connexions et réagissent plus lentement avec le temps. Des thérapies capables de réactiver ces régions ou d'en accroître la flexibilité sont à l'étude comme approches potentielles contre le vieillissement cognitif. La psilocybine n'en est qu'aux prémices dans ce domaine, mais le champ de recherche progresse rapidement.
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