Le cancer supprime l'appétit via les nerfs sensoriels
De nombreux patients atteints de cancer perdent une masse corporelle considérable, non parce qu'ils refusent de manger, mais parce que leur organisme supprime activement l'appétit. De nouvelles recherches montrent que les nerfs sensoriels jouent un rôle clé dans ce processus. Un lien inattendu qui pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
La perte de poids liée au cancer, connue sous le nom de cachexie, est un problème grave. Elle dégrade la qualité de vie, réduit l'efficacité des traitements et contribue à la mortalité. Jusqu'ici, la cachexie était largement considérée comme une conséquence de l'inflammation et des perturbations métaboliques. L'étude, publiée dans Science, décrit un mécanisme supplémentaire : les neurones sensoriels, c'est-à-dire les nerfs qui transmettent des signaux du corps vers le cerveau.
L'alimentation modifie la réponse des nerfs
Les chercheurs ont constaté qu'un changement de régime alimentaire modifiait le comportement des neurones sensoriels situés autour des tumeurs. Ces neurones semblent transmettre au cerveau des signaux qui inhibent l'appétit. Ces travaux reposent sur des modèles murins ; le même mécanisme n'a pas encore été confirmé chez l'être humain.
Lorsque l'activité de ces cellules nerveuses spécifiques était bloquée, l'appétit des animaux augmentait et leur poids se stabilisait. Cela indique que ces nerfs jouent un rôle actif dans le maintien de la cachexie, plutôt que de simplement réagir passivement à la tumeur.
Ce que cela signifie pour les patients atteints de cancer
La cachexie est difficile à traiter, en partie parce que ses causes sont multiples. Le fait que les neurones sensoriels contribuent à la suppression de l'appétit offre aux chercheurs une nouvelle cible thérapeutique. En principe, des traitements ciblant cette voie nerveuse pourraient restaurer l'appétit chez les patients souffrant de perte de poids liée au cancer.
Cette découverte est issue de la recherche animale. Les auteurs restent prudents quant aux conclusions applicables à l'être humain. L'étude apporte néanmoins un éclairage mécanistique potentiellement important pour le développement clinique futur, d'autant que les traitements efficaces contre la cachexie font cruellement défaut.
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