Le cerveau marque une pause avant d'agir, même sans une région clé
Face au danger, le cerveau choisit souvent l'immobilité plutôt que l'action. Mais quelle région cérébrale pilote ce choix ? L'un des candidats les plus en vue s'avère moins décisif qu'on ne le pensait.
Le cortex préfrontal médian (mPFC) est une région cérébrale située juste derrière le front. On l'associe depuis longtemps à la prise de décision complexe, au contrôle des impulsions et à l'adaptation du comportement en situation de danger. De nombreux chercheurs supposent qu'il dirige activement le choix entre agir et se retenir.
Une nouvelle étude publiée dans eLife remet en question cette hypothèse. Les chercheurs ont travaillé avec des souris entraînées à éviter des situations dangereuses. Ils ont mesuré l'activité cérébrale pendant que les animaux prenaient des décisions, puis ont désactivé temporairement le mPFC par optogénétique, une technique qui contrôle les neurones à l'aide de la lumière.
L'activité n'est pas synonyme de contrôle
Le mPFC était actif lors des moments-clés de la tâche. Mais une grande part de cette activité coïncidait avec celle du cortex visuel, une région que l'on ne considère pas comme un centre décisionnel. Les signaux apparemment liés à la tâche reflétaient en partie le mouvement et la détection de stimuli, et non un véritable contrôle des décisions.
Plus frappant encore : lorsque les chercheurs ont désactivé le mPFC, le comportement d'évitement des souris n'a quasiment pas changé. Le cerveau pouvait accomplir les tâches sans cette région. Ce n'est que dans les variantes les plus complexes, où les souris devaient choisir entre agir et s'abstenir, que des neurones spécifiques encodaient le choix. Mais même dans ce cas, la désactivation du mPFC n'avait guère d'effet sur les performances.
Implications pour le vieillissement et la démence
Le fait que l'encodage neuronal et le contrôle causal puissent être dissociés présente un intérêt méthodologique pour l'ensemble des neurosciences. Du point de vue du vieillissement, il est notable que le cortex préfrontal soit l'une des premières régions touchées par l'âge et la démence. Si cette zone joue surtout un rôle d'enregistrement plutôt que de contrôle dans une grande partie des comportements, cela change la façon d'interpréter les modifications comportementales liées à l'âge.
Want to research this yourself?
Search for example:
- medial prefrontal cortex avoidance behaviour
- optogenetic inhibition behavioural control
- neural encoding versus causal control