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Le travail a perdu sa fonction sociale pour beaucoup de gens

La rédaction de LongevityWatch · 7 juin 2026 · 2 min · English

Pour beaucoup de gens, le travail est bien plus qu'un salaire. Il apporte une structure, des contacts sociaux et un sentiment d'appartenance. Mais cette fonction sociale du travail s'érode, avec des conséquences sur la santé et le vieillissement.

Une analyse publiée dans la revue Science décrit comment « l'infrastructure sociale du travail » disparaît peu à peu. Cette notion désigne les liens informels que le milieu professionnel crée naturellement : les collègues, les routines quotidiennes et un projet commun. À mesure que les emplois stables cèdent la place aux contrats flexibles, au télétravail et à l'automatisation, de plus en plus de personnes perdent ces liens.

Les auteurs font le lien avec des recherches en santé montrant l'influence de la vie sociale sur la longévité et la santé en fin de vie. Les personnes socialement isolées présentent des niveaux plus élevés d'inflammation chronique de bas grade, un processus qui accélère le vieillissement. Elles obtiennent aussi de moins bons résultats aux tests cognitifs et courent un risque plus élevé de dépression et de maladies cardiovasculaires.

Au-delà de la solitude

Le problème dépasse la simple solitude. Le travail fournit une structure quotidienne, et cette structure s'avère biologiquement pertinente. Des interactions sociales régulières, un rythme de vie stable et un sentiment d'utilité sont associés à des niveaux de cortisol plus bas — le cortisol est l'hormone du stress — ainsi qu'à une meilleure immunité. Quand le travail ne remplit plus ces rôles, une partie de cette protection biologique disparaît avec lui.

La retraite illustre bien ce phénomène. Pour certains, elle améliore la santé ; pour d'autres, elle marque le début d'un déclin accéléré. La différence tient largement à la capacité de chacun à construire d'autres structures sociales. Les personnes qui restent actives socialement après la retraite conservent une grande partie des bénéfices protecteurs qu'offrait autrefois le travail.

Politiques publiques et longévité

L'analyse plaide implicitement pour des politiques qui préservent le lien social au travail. La flexibilité du marché de l'emploi présente des avantages économiques, mais ses coûts sociaux ont reçu peu d'attention. Du point de vue de la longévité, c'est un angle mort important : la qualité des liens sociaux au milieu de la vie prédit la façon dont on atteint ses quatre-vingts ans en bonne santé.

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