Le vieillissement ralentit par trois voies génétiques distinctes
Les scientifiques supposaient depuis longtemps l'existence d'une voie universelle pour ralentir le vieillissement. De nouvelles recherches sur des vers suggèrent qu'il en existe au moins trois. Et certaines de ces voies vont dans des directions opposées.
Des chercheurs ont analysé neuf souches du ver rond C. elegans, toutes plus longévives que la normale, mais grâce à sept mécanismes biologiques distincts. Ils ont eu recours au séquençage ARN pour mesurer l'activité des gènes dans ces souches, en repérant lesquels étaient activés ou désactivés dans chaque variant longévif.
Trois profils reconnaissables
Si de nombreuses paires de gènes se recoupaient, trois groupes nettement distincts ont émergé. Des gènes surexprimés dans un groupe se trouvaient parfois réprimés dans un autre. Les chercheurs qualifient ces groupes de « stratégies alternatives » pour une longue vie. Le constat est notable : il implique que toutes les interventions sur la longévité ne poussent pas la biologie dans la même direction.
Les gènes actifs dans plusieurs souches longévives étaient associés à l'immunité, au métabolisme et à la production de protéines (traduction). Les gènes systématiquement réprimés concernaient eux aussi, pour la plupart, la traduction. Lorsque les chercheurs ont individuellement réduit au silence les gènes fréquemment surexprimés, plusieurs d'entre eux ont suffi, à eux seuls, à prolonger la durée de vie et à accroître la résistance au stress de vers normaux.
Une portée qui dépasse les vers
Il s'agit de recherches sur des vers, non de données humaines. Ces résultats restent préliminaires. Les chercheurs avancent néanmoins que ces gènes pourraient aussi éclairer les maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson, pour lesquelles le vieillissement constitue le principal facteur de risque. Identifier les voies génétiques qui freinent le vieillissement pourrait ouvrir la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques.
Du point de vue de la longévité, la mise en évidence de plusieurs voies distinctes invite à une interprétation prudente : combiner certaines interventions pourrait produire des signaux contradictoires plutôt que des bénéfices additifs. Cette hypothèse demeure spéculative et soulève des questions importantes pour les travaux futurs.
L'analyse a été publiée via Fight Aging, sur la base de travaux évalués par des pairs portant sur l'expression génique de mutants longévifs de C. elegans.