Les cellules immunitaires du cerveau vieillissant, moteur de la progression d'Alzheimer
Au plus profond du cerveau, des cellules spécialisées éliminent les déchets, détruisent les cellules endommagées et combattent les infections. Mais en vieillissant, elles font le contraire : elles enflamment les tissus qu'elles sont censées protéger.
Ces cellules s'appellent les microglies. Elles constituent le système immunitaire résident du cerveau. Dans un cerveau jeune, elles maintiennent un équilibre sain en alternant entre un mode défensif et un mode plus calme dédié à l'entretien des tissus. Avec l'âge, cet équilibre se rompt. Les microglies se retrouvent bloquées dans un état inflammatoire et commencent à libérer des signaux qui endommagent les tissus cérébraux environnants.
C'est déjà problématique en soi. Mais les chercheurs à l'origine de cette revue établissent un lien direct avec la maladie d'Alzheimer. Les modifications moléculaires que subissent les microglies au cours du vieillissement normal recoupent significativement les profils observés chez les patients atteints d'Alzheimer. La raison pour laquelle certaines personnes développent une démence et d'autres non reste inexpliquée.
Stress oxydatif et sénescence cellulaire
Cette revue, publiée dans la revue Cells, met en lumière deux processus qui entretiennent l'état inflammatoire chronique des microglies. Le premier est le stress oxydatif : des dommages causés par des molécules d'oxygène réactives (radicaux libres) qui s'accumulent dans les cellules vieillissantes. Le second est la sénescence cellulaire, un état dans lequel les cellules cessent de se diviser mais restent actives et continuent de libérer des signaux inflammatoires.