Les minuscules vaisseaux du cerveau pourraient être à l'origine d'AVC fréquents
Pendant des décennies, les médecins ont traité un type courant d'AVC avec des anticoagulants et des thrombolytiques. Or, de nouvelles recherches suggèrent qu'ils ciblaient peut-être la mauvaise cause. Le véritable problème semblerait se situer au plus profond du cerveau.
Des scientifiques ont découvert qu'une forme répandue d'AVC, l'infarctus lacunaire (dans lequel de petites zones du tissu cérébral meurent), ne serait pas principalement causée par des plaques graisseuses dans les grandes artères. La cause résiderait plutôt dans des petits vaisseaux sanguins dilatés et endommagés, situés en profondeur dans le cerveau, incapables d'assurer un débit sanguin suffisant. Les chercheurs estiment que cela expliquerait pourquoi les traitements standard comme l'aspirine sont moins efficaces contre ce type d'AVC que contre d'autres.
Petits vaisseaux, lourdes conséquences
Cette découverte intéresse la recherche sur la longévité, car les lésions des petits vaisseaux cérébraux, regroupées sous le terme de maladie des petits vaisseaux cérébraux (ou microangiopathie cérébrale), sont associées au déclin cognitif en vieillissant. Les personnes ayant subi un AVC lacunaire présentent un risque accru de démence. Si la cause sous-jacente de cet AVC diffère de ce qui était supposé, les stratégies de prévention et de traitement devront être fondamentalement repensées.
Les chercheurs appellent désormais à développer des thérapies ciblant directement les petits vaisseaux cérébraux, plutôt que les systèmes de coagulation conçus pour traiter les maladies des grandes artères. Il s'agit d'une orientation thérapeutique sensiblement différente.
Ce qui reste incertain
L'étude, relayée par Science Daily, repose sur des données associatives : le lien le plus solide établi concerne des vaisseaux dilatés et endommagés en profondeur dans le cerveau. Ce n'est pas encore la preuve d'un lien de cause à effet, et des essais cliniques de plus grande envergure seront nécessaires pour déterminer si les thérapies ciblant les petits vaisseaux cérébraux améliorent réellement les résultats par rapport aux approches actuelles.
Pour les personnes de plus de soixante ans, chez qui la maladie des petits vaisseaux est plus fréquente, cette piste de recherche pourrait à terme rapprocher le traitement de l'AVC et la prévention de la démence. Une perspective à suivre, même si des conclusions définitives restent encore loin.
Termes à explorer : cerebral small vessel disease cognitive decline, lacunar infarct microangiopathy, brain vessel damage dementia risk