Les neurones du tronc cérébral qui coordonnent la vessie et le sphincter identifiés
Uriner semble anodin, mais cela exige une coordination au millième de seconde entre la vessie et le sphincter urétral. Des chercheurs viennent d'identifier les neurones précis du tronc cérébral qui rendent cette coordination possible.
Une région du tronc cérébral appelée centre pontique de la miction (PMC) est depuis longtemps associée au contrôle de la vessie. En son sein, un groupe de cellules portant le récepteur ESR1 (récepteur aux œstrogènes de type 1) avait particulièrement retenu l'attention. Les chercheurs, qui publient dans eLife, ont montré qu'activer ces neurones ESR1-positifs chez la souris déclenchait la miction de façon systématique, et que les inhiber l'interrompait tout aussi sûrement. Le taux de réussite était de cent pour cent dans les deux sens.
Ce qui s'est révélé particulièrement instructif, c'est l'organisation de ces neurones. Les neurones ESR1 comprennent trois sous-groupes distincts, chacun projetant ses connexions vers une cible différente de la moelle épinière. L'un innerve la vessie, un autre le sphincter, et le troisième relie les deux simultanément. Ensemble, ils imposent une séquence stricte : la vessie se contracte au moment précis où le sphincter se relâche. Toute perturbation de cette synchronisation peut avoir de graves conséquences cliniques.
Un lien avec une pathologie fréquente liée à l'âge
L'une de ces conséquences est la dyssynergie détrusor-sphincter, un trouble dans lequel la vessie se contracte pendant que le sphincter, au lieu de se relâcher, se contracte lui aussi. Il en résulte une dysfonction urinaire pouvant aller jusqu'à des lésions rénales. Cette pathologie touche les personnes souffrant de lésions médullaires, mais aussi celles atteintes de la maladie de Parkinson ou d'autres affections neurologiques plus fréquentes avec l'âge.
Jusqu'à présent, la population cellulaire précisément responsable de la coordination de la vidange vésicale était inconnue, ce qui freinait le développement de thérapies ciblées. L'identification des neurones ESR1 offre aux chercheurs une cible biologique concrète.
Pas encore applicable en clinique
Ces travaux ont été menés chez la souris. La question de savoir si le même circuit neuronal fonctionne de façon identique chez l'être humain reste ouverte. La découverte fournit néanmoins un point d'entrée biologique précis pour mettre au point des traitements contre les troubles urologiques chez les personnes âgées, un domaine étroitement lié à la qualité de vie et à l'autonomie.
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