Les neurones mourants envoient des signaux qui accélèrent les dégâts
Quand des neurones meurent, ils ne s'éteignent pas silencieusement. Ils émettent des signaux qui endommagent les cellules saines voisines. Le chercheur Chaska Walton met au point un système d'administration ciblée pour interrompre ce processus.
Walton travaille au Buck Institute for Research on Aging et a reçu une subvention de 2,4 millions de dollars dans le cadre du NIH Transformative Research Award. Ses travaux portent sur ce qui se passe après la mort des neurones dans des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson. Selon cette recherche, les cellules mourantes libèrent des signaux inflammatoires qui endommagent les cellules voisines encore en bonne santé. Ce processus de dommages secondaires pourrait jouer un rôle aussi déterminant dans la progression de la maladie que la perte initiale de cellules elle-même.
Le cœur de l'approche de Walton est un système d'administration ciblée. Il achemine des composés thérapeutiques précisément là où les dégâts se produisent, dans la bonne fenêtre temporelle. C'est techniquement exigeant : le cerveau est difficile d'accès, et un traitement trop large risque d'endommager les tissus sains.
Pourquoi le moment compte
Une des observations clés de Walton : le moment où l'on intervient compte au moins autant que ce que l'on administre. Agir trop tôt peut perturber le processus normal de nettoyage qui suit la mort cellulaire. Agir trop tard laisse la cascade de dommages secondaires progresser trop loin. Concevoir un système qui réagit à la présence de molécules de signalisation spécifiques, des biomarqueurs indiquant que des dégâts sont en cours, constitue donc un élément central du projet.
Cette approche se distingue des thérapies existantes, qui cherchent à empêcher la mort cellulaire en amont. Walton propose aussi d'agir dans la phase qui suit cette mort : que fait le tissu mourant à son environnement, et comment contenir ce phénomène ?
Une portée plus large
Bien que les recherches portent sur la maladie de Parkinson, le problème des dommages secondaires après la mort cellulaire s'applique bien au-delà. Dans la maladie d'Alzheimer, l'accident vasculaire cérébral et d'autres formes de neurodégénérescence, le même mécanisme est à l'œuvre. Si le système d'administration fait ses preuves, il pourrait être utile dans plusieurs pathologies. Une application clinique chez l'humain reste encore lointaine, mais la logique mécanistique est suffisamment solide pour justifier la poursuite du développement.
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