Les neurones résistent mieux qu'on ne le croyait à la perte de leur mécanisme d'autoépuration
Que se passe-t-il quand les cellules cérébrales perdent leur mécanisme d'autoépuration ? Les chercheurs supposaient depuis longtemps que les conséquences seraient rapides et sévères. Une nouvelle étude menée chez la souris dresse un tableau plus nuancé.
Les cellules éliminent leurs protéines endommagées et leurs composants usés grâce à un processus appelé autophagie, littéralement « auto-digestion ». C'est l'un des principaux mécanismes par lesquels les cellules s'entretiennent et prolongent leur survie. Les chercheurs supposaient depuis longtemps que la perte de l'autophagie dans les neurones entraînerait rapidement leur dégradation.
Une résilience là où personne ne l'attendait
Une nouvelle étude publiée dans Science a mis cette hypothèse à l'épreuve directement chez la souris. Les chercheurs ont mis au point un modèle permettant de bloquer et de rétablir l'autophagie neuronale de façon réversible. Ils ont constaté que les neurones résistaient remarquablement bien à une suppression temporaire de ce mécanisme d'épuration. Les cellules survivaient, continuaient à fonctionner et récupéraient dès que l'autophagie était restaurée.
Ce résultat est surprenant. Il suggère que les neurones sont plus robustes qu'on ne le pensait, du moins en ce qui concerne ce mécanisme d'entretien spécifique. L'étude confirme toutefois qu'une perte prolongée de l'autophagie pose problème : faute de nettoyage suffisamment long, les dommages s'accumulent.
Ce que cela implique pour le vieillissement
Pour la recherche sur la longévité, ces résultats sont pertinents à deux égards. Ils confirment d'abord que l'autophagie joue un rôle majeur à long terme dans la santé neuronale. Ils remettent ensuite en question l'idée selon laquelle tout déficit temporaire serait immédiatement irréversible. Un espace s'ouvre ainsi pour explorer des interventions modulant l'autophagie, sans qu'une interruption brève soit nécessairement catastrophique.
Ces résultats n'ont pour l'instant été démontrés que chez la souris. Savoir si les neurones humains présentent le même degré de résilience reste à établir. L'autophagie est associée à plusieurs maladies neurodégénératives, dont la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson, ce qui en fait un mécanisme particulièrement important pour le cerveau vieillissant.
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