longevitywatch

Pourquoi le système immunitaire des femmes s'attaque-t-il plus souvent à leur propre corps ?

La rédaction de LongevityWatch · 26 août 2026 · 2 min · English

Les femmes représentent environ 80 % des patients atteints de maladies auto-immunes. Une nouvelle étude pointe une différence qui s'installe avant même l'apparition de toute maladie : dans l'organe où les cellules immunitaires arrivent à maturité.

Les maladies auto-immunes surviennent quand le système immunitaire s'attaque aux tissus de l'organisme. La surreprésentation des femmes parmi les patients est bien documentée, mais le mécanisme sous-jacent restait insuffisamment expliqué. Les chercheurs ont analysé les récepteurs des cellules T (TCR) -- les protéines qui permettent aux cellules immunitaires de distinguer le soi du non-soi -- dans des tissus thymiques prélevés sur des donneurs d'organes des deux sexes. Le thymus est l'organe où les cellules T mûrissent et apprennent à tolérer le corps.

Les cellules T effectrices des femmes portaient nettement plus de TCR ciblant des auto-antigènes liés à l'auto-immunité. Parallèlement, leurs cellules T régulatrices (Tregs), qui freinent les réponses immunitaires, en portaient moins. Ce déséquilibre pourrait expliquer pourquoi le système immunitaire féminin s'en prend plus souvent aux tissus du corps.

La sélection thymique comme mécanisme possible

Cette différence concernait spécifiquement les TCR dirigés contre des auto-antigènes associés à l'auto-immunité, et non ceux qui ciblent les cellules cancéreuses ou les virus. Les chercheurs suggèrent qu'une expression plus faible d'AIRE -- un régulateur qui aide le thymus à développer la tolérance aux auto-antigènes -- chez les femmes pourrait influer sur la façon dont ces récepteurs sont sélectionnés pendant la maturation.

Vieillissement et maladies : quelles implications ?

Les maladies auto-immunes deviennent plus fréquentes avec l'âge, ce qui les rend pertinentes pour la recherche sur la longévité. Une activité auto-immune chronique contribue à l'« inflammaging » -- l'inflammation de bas grade associée à un vieillissement biologique accéléré. Comprendre l'origine de cette différence entre sexes, déjà présente au stade de la maturation des cellules T, ouvre de nouvelles pistes pour la prévention et l'intervention précoce.

L'étude, publiée dans eLife, repose sur l'analyse de tissus de donneurs et décrit une association. Comment cette différence entre sexes façonne concrètement le risque auto-immun reste à préciser.

Lire l'article original

Termes de recherche pour aller plus loin : T cell receptor thymic selection sex differences, AIRE autoimmunity regulatory T cells, inflammaging autoimmune disease ageing

Que disent les études ?
Ton système immunitaire s'affaiblit-il vraiment avec l'âge ?
Études liées
26 aoû
Le vaccin contre le zona associé à un risque de démence réduit de 24 %
23 aoû
Un médicament anticancéreux capable de réduire au silence les signaux nocifs des cellules vieillissantes
22 aoû
Une protéine du cycle cellulaire alimente l'inflammation des cellules vieillissantes
Newsletter

Reste au courant

Deux fois par semaine, les recherches sur la longévité qui comptent, dans ta boîte mail.