Dans quelle mesure le test GlycanAge est-il fiable pour mesurer l'âge biologique ?
GlycanAge mesure quelque chose de réel, mais que ce score reflète fidèlement l'âge biologique d'une personne n'a pas encore été prouvé de manière indépendante. Il convient de le considérer comme une indication globale, non comme un chiffre définitif.
L'analyse de laboratoire qui sous-tend GlycanAge est techniquement précise : des mesures répétées sur le même échantillon de sang pendant 26 jours donnent à chaque fois des résultats quasi identiques. Sur trois mois, le profil reste également stable chez de jeunes adultes en bonne santé. Ce sont là de bonnes propriétés pour un test.
Certains facteurs peuvent toutefois faire varier le résultat. Chez les femmes ayant un cycle menstruel, les profils de glycanes (des chaînes de sucres attachées aux protéines du sang) changent sensiblement au fil du cycle. Le moment du prélèvement influence donc le score, ce qui le rend plus difficile à interpréter. Des tendances sur cinq à dix ans sont certes visibles, mais elles reposent sur le suivi de deux personnes seulement – trop peu pour en tirer des conclusions solides.
Ce que mesure le test est bien lié au vieillissement : une moindre galactosylation et sialylation, ainsi qu'une plus grande agalactosylation, ont été associées dans plusieurs études au vieillissement et à une moins bonne santé. Mais que le score renseigne sur la vitesse à laquelle un individu vieillit n'a pas encore été démontré. Des travaux de génétique apportent de timides indices en faveur d'un lien de causalité, que les chercheurs eux-mêmes qualifient de « suggestifs ». Le score est par ailleurs sensible aux changements de mode de vie : une perte de poids importante ou une thérapie à la testostérone ont produit un résultat « plus jeune ». C'est intéressant, mais cela signifie aussi que le score n'est pas une mesure fixe – il évolue avec le corps.
Un bémol sérieux s'impose : presque toutes les études publiées ont été réalisées, au moins en partie, par des employés ou des fondateurs de Genos Ltd et GlycanAge Ltd, les entreprises qui commercialisent le test. Les confirmations indépendantes par d'autres équipes de recherche restent rares, ce qui rend difficile de dissocier les résultats des intérêts commerciaux en jeu.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs études, dont une partie publiée sous forme de revues de littérature et une partie sous forme de travaux individuels, y compris un essai clinique randomisé portant sur la testostérone et la metformine. Presque toutes ces études sont issues, au moins en partie, des équipes à l'origine du produit commercial – ce qui constitue une limite sérieuse quant à l'indépendance des résultats. Les chercheurs ayant travaillé sur la causalité génétique qualifient eux-mêmes leurs conclusions de suggestives et non démontrées.