L'échinacée est-elle vraiment efficace contre le rhume ?
L'échinacée n'a pas fait la preuve de son efficacité contre le rhume. Si tu souhaites tout de même l'essayer, l'Echinacea purpurea à base de parties aériennes dispose des indices les plus nombreux, bien que toujours mitigés, pour une prise précoce au début du rhume.
Les produits vendus sous le nom d'« échinacée » sont très hétérogènes : l'espèce végétale utilisée, la partie de la plante (racine ou parties aériennes) et le mode de préparation varient considérablement d'un produit à l'autre. Cela complique d'emblée toute synthèse des études, car elles ne portent pas toujours sur le même produit.
Pour la prévention, c'est-à-dire éviter d'attraper un rhume, les données scientifiques ne montrent aucun effet convaincant. Dans une large méta-analyse Cochrane portant sur douze comparaisons, aucun résultat n'atteignait la significativité statistique. On observe une légère tendance non significative de 10 à 20 % de rhumes en moins, mais son utilité concrète reste incertaine. Par ailleurs, un article de synthèse destiné aux médecins généralistes n'incluait pas l'échinacée parmi les traitements à l'efficacité démontrée : antalgiques, zinc, gouttes nasales et ipratropium y figuraient à sa place.
Pour le traitement, c'est-à-dire réduire la durée du rhume une fois malade, les résultats sont contradictoires. Une méta-analyse a calculé une réduction moyenne de 1,4 jour, mais une méta-analyse Cochrane plus rigoureuse n'a trouvé aucun effet significatif cohérent. Seule l'Echinacea purpurea à base de parties aériennes montre des signes d'un possible bénéfice en cas de prise précoce : plusieurs essais cliniques ont observé un effet avec ce type de produit, même si ce n'était pas le cas dans toutes les études.
La tolérance ne soulève pas d'inquiétude particulière. Le taux d'arrêt lié aux effets indésirables ne différait pas de façon notable par rapport au groupe placebo. Dans les études de prévention, on notait une légère tendance à un peu plus d'abandons dans le groupe échinacée, mais sans atteindre la significativité statistique.
Basé sur des méta-analyses Cochrane (2006, 2014), plusieurs méta-analyses complémentaires et un article de synthèse clinique. Le corpus de preuves est relativement volumineux en nombre d'études, mais méthodologiquement fragile en raison de la grande variabilité des produits et de l'hétérogénéité des résultats.