Le régime qui imite le jeûne, comme ProLon, est-il vraiment efficace ?
Le régime qui imite le jeûne produit des effets mesurables sur le poids, la masse grasse et la pression artérielle dans de petits essais randomisés, mais presque toute la recherche émane d'équipes ayant un intérêt financier dans le produit. Si tu souhaites l'essayer, garde cette réserve à l'esprit et ne mise pas trop sur des bénéfices à long terme.
Trois cycles de cinq jours de restriction calorique par mois ont réduit, dans un essai randomisé portant sur 100 participants en bonne santé, le poids corporel, la masse grasse, la pression artérielle et l'IGF-1 (un facteur de croissance associé au vieillissement). Les effets les plus marqués concernaient les personnes dont les valeurs de départ étaient déjà élevées. Aucun effet indésirable grave n'a été signalé.
Ces mêmes cycles ont été associés, dans une analyse secondaire, à une réduction de l'âge biologique de 2,5 ans en moyenne, à une baisse de la graisse hépatique et à un profil immunitaire plus favorable. Réserve importante : ce sont des biomarqueurs, c'est-à-dire des indicateurs mesurables en laboratoire. Ces études ne permettent pas de conclure que tu vivras plus longtemps en bonne santé ou que tu tomberas moins souvent malade.
Chez les patients atteints de cancer, de premières études cliniques montrent que ce régime se combine sans danger avec les traitements standard et qu'il abaisse la glycémie ainsi que les facteurs de croissance. Des données issues de patientes atteintes de cancer du sein, et des travaux animaux sur le cancer colorectal, suggèrent un renforcement de l'immunité antitumorale, mais aucun bénéfice de survie n'a encore été démontré chez l'être humain. Les essais de plus grande envergure sont en cours.
Il faut garder à l'esprit un point critique : presque toutes les données publiées proviennent d'équipes de recherche ayant des intérêts financiers directs dans L-Nutra, la société qui fabrique ProLon. Les résultats reproduits de façon indépendante par d'autres groupes sont rarissimes. Cela ne signifie pas que ces résultats sont faux, mais cela impose une lecture particulièrement prudente.
D'après les PMID 28202779, 38378685, 34789537, 32669709, 39870395, 39059383, 33512641 et 27810402. La quasi-totalité des données issues d'essais randomisés et contrôlés provient d'équipes détenant des actions ou des droits de brevet dans L-Nutra (fabricant de ProLon) ; la réplication indépendante fait largement défaut.